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 - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]

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Cara-Lynn Williamson
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MessageSujet: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Mer 22 Oct - 20:22

- Il faisait sombre. Pire, la Demoiselle s'était plongée dans une obscurité totale.
Assise au milieu de son salon, elle s'était retranchée sous une immense couverture qui avait autrefois orné le lit de sa chambre d'enfant.

La douleur était si vive que Cara n'était pas parvenue à pleurer réellement la mort de Peter. Seules des larmes d'horreur avait coulé
sur ses joues lorsqu'elle l'avait vu là, étendu et mort, sur les dalles de l'Atrium.
Elle était ensuite retournée au combat, ce qui lui avait valu une balafre sur la joue gauche et un bras cassé qu'elle avait refusé de faire soigner par magie. Cette souffrance physique, avait-elle espéré, occulterait celle morale de la disparition de son frère.
Elle se balançait sur elle-même, serrant nerveusement contre elle son membre abimé.
Incapable de fermer l'oeil malgré l'heure plus que tardive, la Belle s'obstinait à passer et repasser la scène macabre dans sa tête, analysant ses souvenirs.
Qui l'avait tué ? Lequel de ces salauds avait-il osé lui porter ce coup fatal ? N'avait-il pas une marque distinctive excepté cet affreux tatouage de serpent ? Pourquoi ne l'avait-elle pas rejoind immédiatement au lieu de s'obstiner à en combattre un autre ? Pourquoi ... Comment ... Toujours les mêmes questions qui revenaient. Et aucune réponse à leur apporter. La douleur faisait alors place à la frustration.

Lorsqu'elle s'endormait, trop épuisée par tant de tergiversations pour résister à l'assaut de Morphé, elle en rêvait. Dans ses songes, elle était plus rapide, plus efficace ... Elle le sauvait. Parfois, c'était à elle qu'on jetait le sort suprême et elle donnait sa vie pour celle de Peter. Mais il arrivait aussi que ce soit Keira la cible. Dans tout les cas, elle se réveillait en hurlant, inondée de sueur, sans aucune présence à ses côtés pour la rassurer.
Au contraire, ses cris entrainaient ceux de son enfant et elle devait se lever rapidement pour aller consoler la petite fille, affolée par la détresse de sa mère.

Le reste du temps, Cara tournait en rond ou restait prostrée sur le canapé, les yeux dans le vague. Elle essayait pourtant de se reprendre, tentant de s'occuper par tous les moyens. Mais cela ne durait jamais très longtemps, une heure au plus. Ensuite, elle retombait dans une soudaine léthargie qui ne la quittait plus jusqu'à la tombée de la nuit. Peut-être était-ce ça que les moldus appelaient un " choc " post-traumatique.


Elle se réveillait doucement de cette torpeur lorsque la sonette résonna dans l'entrée. En temps ordinaire, elle aurait vérifié que Keira était en sécurité et préparé sa baguette au cas où les Sbires du Lord viendraient s'occuper de son cas. Seulement, au vu de son actuel état végétatif, elle n'eut même pas le loisir de s'en soucier, se levant péniblement pour aller acceuiilir son visiteur. Qui pouvait bien venir lui rendre visite à cette heure ?

La Demoiselle poussa le loquet, seule barrière entre le monde réel et sa souffrance et ouvrit la porte. La personne qu'elle vit le seuil lui fut plus que familière. -



Qu'est-ce que tu fais là, Regulus ?


- Sa voix était mélée de lassitude et de colère. Elle avait refusé d'être en contact avec qui que ce soit depuis ce sinistre événement pour, justement, éviter de rejeter sa hargne sur ses interlocuteurs.
Malheureusement, là, son attitude n'était pas seulement en rapport avec le décès de Peter. Il y avait bien autre chose. Et le jeune Black devait s'en douter. -


Dernière édition par Cara-Lynn Williamson le Lun 17 Nov - 0:41, édité 1 fois
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Regulus A. Black
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Jeu 23 Oct - 0:08

    Les jours s’étaient écoulés depuis l’attaque du Ministères, effroyablement longs et remplis de doutes pour le jeune Black. Les regrets se mêlaient à une horreur profonde. Pourquoi avait-il fallu que le Lord se manifeste ce soir-là ? Par plaisir, naturellement. Regulus, lui, regrettait d’avoir été suffisamment fou pour oser se rendre à ce bal. Les conséquences, il les avait imaginées maintes fois les jours qui avaient précédé la saint Sylvestre, et pourtant, il avait voulu croire que ce n’étaient que des idées en l’air et que tout irait bien. Tout était allé mal. Depuis, une sensation dérangeante de dégoût nauséeux s’était installée en lui. Le moindre détail qui le renvoyait à cet évènement le rendait malade. Malade de l’intérieur. Il avait mis des gens en danger, et il se haïssait pour cela.

    Le pire avait été lorsqu’il avait lu les journaux, deux jours auparavant. Naturellement, la presse ne cessait de parler de l’attaque du Bal de la Saint Sylvestre, et parmi les victimes mentionnées dans les multiples articles, un nom. Peter Williamson. Un haut le cœur lui avait soulevé la poitrine lorsqu’il avait fait le lien avec Cara. Il n’était pas responsable de la mort de son frère, dans la mesure où il n’avait pas lancé ce sort sur lui. Mais cette piètre consolation n’empêchait pas la culpabilité de le ronger. Il l’avait mise en danger. Il aurait dû la prévenir dès que la voix du Lord avait résonné dans son esprit, il aurait dû lui dire de fuir, ou de mettre les gens au courant, il aurait dû… Les remords ne le quittaient pas. Certes, depuis deux ans, il était habitué à ce sentiment corrosif qui le rongeait de l’intérieur, mais cette fois, c’était pire que tout. C’était insupportable. Cette lueur d’espoir qu’il avait réussi à apercevoir, derrière l’entrebâillement de cette fenêtre que ces personnes auxquelles il s’était attaché l’avaient aidé à ouvrir, venait de disparaître. Tout n’était plus qu’obscurité poisseuse et glaciale.

    Il lui avait fallu du temps pour se décider à venir. Affronter Cara, qu’il s’imaginait dévastée et furieuse suite à ce qui était arrivé à son frère, était une épreuve qu’il redoutait profondément. Alors qu’il était devant la porte de sa maison, il se demandait d’ailleurs où il avait trouvé le courage de venir jusqu’ici. Comprendrait-elle ? Lui en voulait-elle ? Il ne s’attendait pas à un pardon. Il n’était pas assez fou pour cela, car rien ne pourrait excuser ses erreurs. Mais plus que l’envie de s’expliquer avec elle, c’était le désir de s’enquérir de son état qui l’avait mené jusqu’à sa demeure. Voir comment elle allait, prendre de ses nouvelles. L’épauler, si elle l’acceptait encore, bien qu’il en doutât.

    « Qu’est ce que tu fais là, Regulus ? »

    Il avait beau s’être préparé à une confrontation pénible, il eut l’impression de recevoir une douche glacée à ces simples mots. Comme des reproches déjà formulés. Le ressentiment perceptible dans sa voix était douloureux. Mais parfaitement mérité, il le savait. Il prit le temps de l’observer, pesant ses mots. Elle avait l’air fatiguée. Lasse. Agacée de le voir, également, mais il aurait difficilement pu en être autrement. La voir lui sauter au cou pour accueillir sa visite aurait été des plus surprenants. Les mots qu’il avait préparés pour justifier sa venue s’étaient envolés à l’instant même où elle avait ouvert la porte, et il ne savait plus vraiment quoi répondre. Par Merlin, il était un Black. Il fallait qu’il se reprenne. Il inspira profondément et, ancrant son regard dans celui de la jeune femme, il lâcha dans un souffle parfaitement audible :

    « Je venais voir comment tu allais… »

    Comme pour se protéger des reproches qu’elle pourrait lui adresser, il semblait qu’il avait repris une part de ce masque d’impassibilité propre aux Black. En partie, seulement. Comme si cela avait été capable de rendre moins percutants les mots qu’elle finirait de toute manière par lui dire. Réaction futile, mais c’était son seul moyen de se défendre un tant soit peu.

    « Mais si ma présence te dérange, je peux repasser plus tard. »

    Signe qu’elle pouvait le mettre à la porte maintenant, il reviendrait de toute manière. Il le fallait. Ce serait pénible, ils en souffriraient tous les deux, mais cette entrevue, au fond, était inévitable.

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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Jeu 23 Oct - 21:33

- Après la soirée chaotique du Bal, Cara était rentrée seule. Ensanglantée et pratiquement nue dans sa robe déchirée, elle avait trainé dans les ruelles sombres du Londres moldu. Elle avait marché des heures durant avant que son errance ne l'entraine jusqu'au parvis du Ministère de la Magie.
Là, elle s'était réfugiée au Département des Mystères. Elle avait parcouru les allées où les globes de prédiction attendaient sagement d'être enfin utilisés.
Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle cherchait. D'ailleurs, elle savait être l'une des rares à connaître l'utilité de ses prophéties.
Enfin, elle l'avait trouvé. La boule de cristal de la Saint Sylvestre. Elle s'en était saisie et l'avait ramené avec elle, dans sa maison de Laburnum Garden où à présent, elle trônait tel un trophée sur la table basse du salon.

Les jours avaient défilé sans que personne ne vienne s'enquérir de son état. Pas même ses parents, qui, trop occupés à se défaire de leur propre douleur, ne lui avaient envoyés qu'un simple hibou dans lequel ils ne se gênaient pas pour lui reprocher son mutisme. Elle avait déchiré le parchemin et l'avait jeté aux ordures. A l'instar de ce qu'ils étaient.

Voilà pourquoi, en un sens, la visite de Regulus lui apportait une certaine joie. Un instant, elle se crut moins seule. Jusqu'à ce que la réalité ne la rattrape. Ce n'était pas une simple visite de courtoisie même s'il prenait la peine de lui demander comment elle allait. -


J'ai vu mon frère mourir sous mes yeux, tué par un de tes amis. Alors comme tu dois t'en douter, j'ai connu des jours meilleurs.


- Le ton de sa voix était las. Il n'y avait aucune trace de reproches et toute colère avait disparu. Elle n'avait plus assez de force pour lutter.
Ainsi, elle s'écarta pour lui laisser le passage, l'autorisant à entrer bien qu'il se dise prêt à repasser plus tard.
A vrai dire, elle n'avait qu'une envie: qu'il disparaisse de sa vie mais elle le savait têtu. Il n'hésiterait pas à revenir jusqu'à ce qu'enfin, leur explication ait lieu. -



Inutile. Tu peux entrer. Autant en finir tout de suite.


- Elle disparut dans le living, allumant enfin la lumière. Cela faisait des jours qu'elle se terrait dans le noir et cette soudaine clarté la fit ciller.
La Demoiselle se tourna vers le jeune Black qui, supposait-elle, l'avait suivi. Le spectacle qu'elle offrait n'était guère reluisant pour une femme qui avait passé son temps à faire le nécessaire pour dissimuler son naturel. Elle ne portait pas le moindre maquillage, ses yeux étaient profondément cernés, sa joue meurtrie et son teint bien plus blafard que d'ordinaire.
Sans le moindre artifice, elle aurait plus en être d'autant plus belle. Ses yeux, bordés d'épais cils bruns, étaient d'un bleu encore plus clair lorsque le noir son fard à paupières ne les obscurcissaient pas et ses lèvres, bien que moins lumineuses sans leur habituelle couche de brillant à ses lèvres, étaient d'un rouge éclatant.
Malheureusement, tous ses traits, tous ses attraits, étaient ternis par la douleur. Elle avait la mine crispée et l'air hagard de ceux qui se retrouvent empêtrés dans une situation terrible de laquelle ils sont incapables de se défaire. -


Alors, si maintenant tu me donnais la véritable raison de ta venue. Tu es certainement ici m'expliquer pourquoi, je ne t'ai pas vu durant la bataille ? Pas la peine. J'ai plusieurs hypothèses à ce sujet: soit tu es un lâche, ce qui pourrait être tout à fait possible si je t'avais vu t'enfuir comme un chaton effrayé par un aspirateur. Soit tu y étais, mais tu ne combattais pas je dirais ... du bon côté.


- La Jeune Femme s'approcha de la cheminée. Un coup de baguette plus tard, le feu crépitait dans l'âtre. Cette nouvelle chaleur qui lui rappela soudain Peter lui redonna courage. Ou plutôt, fit renaître une puissante hargne refoulée.
Elle transperça Regulus du regard, s'approchant de lui à pas lents. Elle serrait l'atèle de son bras cassé contre sa poitrine, se tenant encore à distance de celui qu'elle considérait à ce moment même comme un traître. -



Et bien sûr, je pense avoir trouvé la réponse sans avoir besoin de preuves.
Tu es un Mangemort ! Tu savais depuis le début ce que Voldemort allait faire et au lieu de me prévenir comme tu l'as fais avec ta petite amie en smocking, tu as préféré me laisser dans l'ignorance et par la même occasion, tu as donné l'opportunité au Lord et à tes petits copains de me tuer et de tuer mes parents, mes collègues et mon frère !



- Sa voix montait de plus en plus. Elle était hors d'elle. Jamais Cara ne s'était mise dans cet état. Elle toujours si posée et stoïque, se retrouvait à hurler contre l'un des seuls hommes qu'elle s'était autorisée à aimer. Si la situation n'avait pas été aussi critique, elle aurait presque pu être comique. -


Je vous ai vu main dans la main et c'est là que j'ai compris ce qu'il se passait ! J'ai compris que quelque chose n'allait pas ! Je sais que tu as certainement moins de sentiments pour moi que pour elle et à vrai dire, cela ne m'intéresse pas.
Je pensais qu'au moins, tu avais une once de respect à mon égard et que tu me considérais comme une amie.



- Il n'y avait plus que quelques centimètres entre eux deux. Elle se tut pur l'observer longuement, guettant sa réaction.
Puis, elle recula. Les mots qu'elle prononça alors furent presque inaudibles. -



Mais je vois que je m'étais trompée ... Sur toute la ligne.
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Jeu 23 Oct - 23:49

    « J'ai vu mon frère mourir sous mes yeux, tué par un de tes amis. »

    Il n’avait guère fallu du temps pour que le sujet ne fût lancé. Qu’avait-il espéré, au fond ? Qu’ils en viendraient à en parler petit à petit, que la transition vers ce sujet d’une gravité pesante se ferait en douceur ? Foutaises ! Naturellement, que le sujet serait lancé immédiatement. Elle devait ruminer tout ceci depuis des jours, seule dans sa demeure. Mais le ton de sa voix, pourtant dénué de colère, le glaça. Justement parce qu’il n’y percevait rien. Pas de colère, pas de haine. Il aurait pu s’en rassurer, mais non, ça l’effrayait plus qu’autre chose. Parce que sa rancœur finirait par exploser, inévitablement, et le fait de l’entendre comme repousser l’échéance ainsi avait quelque chose de dérangeant. Inquiétant. Il s’enferma un peu plus derrière ce masque impassible qu’il s’efforçait de conserver, mais les battements de son cœur n’en était pas moins affolés.

    Et puis, ainsi qu’il s’y était attendu, elle déversa sur lui un flot de paroles acides qu’il n’avait que trop méritées. Certains mots se démarquaient des autres, résonnant avec une intensité presque douloureuse dans son esprit. Lâche. Pas du bon côté. Mangemort. Amie. Elle qu’il avait toujours vue si calme, était simplement hors d’elle-même. Ces reproches, sa colère, les sentiments qu’elle éprouvait n’était peut-être pas tous dirigés exclusivement contre lui, il n’en savait rien, mais lui était là, et il lui servirait d’exutoire. Il s’y était attendu. Il était venu ici pour ça. Ses erreurs, ses multiples erreurs, il avait décidé d’en assumer les conséquences. Peut-être la perdrait-il aujourd’hui. Peut-être l’avait-il déjà perdue lors de cette soirée à l’atrium. Il ne voulait juste pas fuir. Il ne voulait plus être lâche.

    Profonde inspiration qu’il prit, enfin.

    « La plupart des choses que tu as dites sont vraies. Oui, je suis un Mangemort. Oui, je ne combattais pas du bon côté ce soir là, et c’est pour cela que tu ne m’as plus revu de la soirée. Mais je ne… Je ne savais pas qu’Il viendrait ! Je n’en savais rien ! Évidemment que j’y avais pensé, comme tout le monde. Pas une personne présente ce soir là ne pouvait prétendre ne pas avoir peur qu’Il se montre. Et pourtant, comme tous les autres, j’ai préféré espérer, stupidement, qu’Il ne se manifesterait pas. »

    Une pause, douloureuse. Les mots qu’il avait retournés maintes fois en son esprit n’étaient plus qu’un flot qui ne demandait qu’à se tarir, enfin.

    « Que voulais-tu que je fasse ? Comment voulais-tu que j’agisse, Cara ? Quoique j’aie pu faire, ça n’aurait rien changé ! Rien du tout. Si je t’avais ouvertement prévenue, si j’avais fait quoi que ce soit qui aurait pu laisser entendre que l’alerte avait été donnée, je l’aurais payé de ma vie. Peut-être que c’est un risque qu’à ma place, tu aurais été prête à prendre, mais pas moi. Aussi lâche cela puisse-t-il paraître, pas moi. Pas maintenant. »

    A mesure que les mots s’enchaînaient, l’envie de ressortir sur le champ de cette maison se faisait plus pressante. Pourquoi était-il venu ? Elle n’avait probablement rien à faire de ses maigres excuses. Il ne faisait que se ridiculiser, et peut-être appellerait-elle les Aurors à présent qu’il lui avait confirmé haut et fort son statut. Dans quelle galère s’était-il encore mis ?

    « Je ne suis pas venu ici pour me justifier, parce que rien de ce que je pourrais dire n’excuserait ce que je suis. Mais je ne veux pas que tu penses que j’ai voulu ce qui est arrivé, ou que j’étais au courant et que je t’ai laissé te mettre en danger, parce que c’est faux. Je suis désolé… Je suis désolé pour ce qui est arrivé à ton frère. »

    « Je vous ai vu main dans la main et c'est là que j'ai compris ce qu'il se passait ! J'ai compris que quelque chose n'allait pas ! Je sais que tu as certainement moins de sentiments pour moi que pour elle et à vrai dire, cela ne m'intéresse pas. Je pensais qu'au moins, tu avais une once de respect à mon égard et que tu me considérais comme une amie. »

    « Ne la mêle pas à ça ! » Une phrase, prononcée avec plus de force que les autres. « Ne compare pas ce que j’éprouve pour elle et ce que je ressens pour toi. » Déception. Colère, passagère. « Ça n’a strictement rien à voir avec le fait que j’attache plus ou moins d’importance à l’une ou l’autre d’entre vous. Tu crois que j’ai agis volontairement ? Crois-tu que c’est plaisant, d’être en compagnie d’une amie et d’entendre Sa voix à l’intérieur même de son esprit ? Sa voix, qui ordonne d’aller se préparer ? Tu veux la vérité, Cara ? »

    Inspiration hachée. Douloureuse. Il avait l’impression d’avoir la poitrine enserrée dans un étau qu’une main invisible s’amusait à resserrer à sa guise.

    « J’ai eu peur ! Pour toi, pour moi, pour tous ces gens, et je n’ai pas réfléchi. J’ai craint qu’en te voyant en ma compagnie, ils ne finissent par s’en prendre à toi, j’ai eu peur de ce qu’il adviendrait si je n’obéissais pas. M’écarter de toi et te dire de rejoindre la Ministre a été la seule action un tant soit peu censée que j’ai eu ce soir là. Sur le coup, j’ai pensé que ça suffirait. Que tu serais à proximité d’Aurors et que tu serais en sécurité. Je ne pouvais pas te dire clairement d’aller te mettre à l’abri. Tout s’est déroulé si vite… Je n’ai pas eu le temps de réfléchir. »

    « Mais je vois que je m'étais trompée ... Sur toute la ligne. »

    « Je suis désolé que tu penses ça, parce que c’est faux. » Un souffle, presque inaudible. « Mais je ne peux pas t’en tenir rigueur. »

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Cara-Lynn Williamson
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Sam 25 Oct - 1:17

- Elle l'écoutait se justifier. Ou plutôt, elle l'entendait déverser un flot de paroles qui tenaient lieu d'explications. Il ne savait pas, disait-il. Il s'en était douté, oui, mais il ne savait pas. Il était désolé, pour tout, pour son frère surtout. Il avait été lâche. Il n'avait pas voulu tout ça. Non, non, il ne savait pas ...

Elle ne s'était donc pas trompée: il était bien l'un des sbires du Mage Noir.
Il osait même parler d'espoir. Cara ne comprenait pas. Elle le fixait, les lèvres pincées.
Enfin, elle se décida à lui poser la question. Cette question qui la taraudait depuis des jours entiers. Déchirée qu'elle était entre l'image qu'il lui donnait lorsqu'ils se retrouvaient seuls et l'Homme qu'elle avait deviné sous ce masque, ce soir-là, dans l'Atrium. -



Mais enfin, Black, de quel côté es-tu, réellement ? Est-ce que tu crois en la cause du Lord ? Ou est-ce que tu crois en la justice humaine ? Tu te permets d'impliquer la seule chose qui reste à notre monde, l'espoir, dans ton petit discours ! Ca, alors que tu sers l'Être le plus ignoble ayant jamais existé !



- Tel un puissant haut-le-coeur, les relans de sa colère surgissaient d'entre ses lèvres, se déversant en un flot puissant. Terrible envie impossible à réprimer. -



Regarde-moi, Reg', regarde ! Tu aimes ce que cet Animal, que dis-je cette Bête, a fait de moi ? Vous vous contentez d'exécuter des ordres, les siens. Et voilà ce qu'il en résulte: des corps et des âmes mutilés.

Mon corps, mon âme, Regulus.



- La Belle avait arraché son attèle, dévoilant son bras bleui par, certainement, un coup d'une grande intensité. Elle pointait sa joue, son coeur, sa tête. Toutes ses blessures, visibles ou non, faites en une nuit à peine.
Son membre guérirait, sa balafre aussi. Oui, eux ils guériraient, ne laissant que de simples souvenirs vaguement douloureux au toucher. Mais pour le reste, qui panserait ses blessures ? Peter n'était plus là pour la serrer contre lui dans le placard sombre qui leur servait de cachette. -



Tu ne veux pas que je m'attaque à ta petite protégée, n'est-ce pas ? Tu te trompes sur mes intentions. Je ne la blâme pas. Je la plains au contraire. Et je l'envie aussi.

Je la plains de t'aimer et je l'envie d'avoir su te le montrer.



- Le jeune homme avait fini par s'agacer. Le ton de sa voix s'était fait plus puissant. Une fraction de seconde. Il tenait à elle. Elle l'acceptait, ne revendiquant pas d'exclusité d'aucune sorte. Ce n'était pas de la jalousie. Ou peut-être que si. Mais au fond, c'était à elle, Cara-Lynn Williamson, qu'elle en voulait. Elle ne pouvait pas accepter le fait de ne pas avoir réagi plus tôt. Regulus n'y était pour rien.

Que lui arrivait-il ? Jamais, au grand jamais, elle ne s'était sentie aussi diminuée, perdue, prise entre deux feux. A présent, elle sentait une crampe lui saisir l'estomac et lui nouer la gorge. Les larmes lui montaient aux yeux. Surprise, car, à ce moment précis, elle réalisa certaines choses. Choses dont Cara ne ferait certainement jamais part au Jeune Homme, freinée par son amour-propre et sa pudeur.

Elle recula encore, sans pour autant lui tourner le dos, saisissant d'un geste habile la boule de cristal qui trônait sur la table basse. Serrée entre ses doigts, la sphère commençait à s'animer, une fumée opaque venant troubler la limpidité du globe.
En temps ordinaire, seul le destinataire de la prophétie pouvait la révéler et la sortir de son mutisme. Mais elle était la Directrice, elle possédait certains privilèges, dont celui d'y accéder. Question de sécurité, l'avait informé la Ministre. Seulement, pour l'instant, le globe de verre ne semblait pas vouloir parler. -



Tu sais ce que s'est ? C'est ce pourquoi je me cache chaque jour et me terre dans cette grande maison loin de l'agitation du Monde Magique. C'est aussi ce pourquoi je me bats et cache mon enfant dès que quelqu'un vient frapper à ma porte.

Je ne suis pas secrétaire. Je ne passe pas mes journées à noircir des rouleaux de parchemins. Je dirige les Langues-de-Plomb, je protège les secrets du Monde Magique, enfermés dans toutes ces grandes salles aux intonations mystiques.
Je suis la Directrice du Département des Mystères. Voilà pourquoi tu ne pouvais pas me protéger en m'envoyant auprès de la Ministre. Mon devoir est de prendre part aux combats, de défendre la Magie. Quel qu'en soit le prix.

Mais tout ceci tu dois le savoir. Voldemort m'a découverte et même menacée. Il voulait me ralier, me qualifiait " d'occlumens chevronnée ". Quel échec !
J'en viens même à me demander si ce n'est pas pour ça que tu es venu, pour me faire parler.



- Elle eut un bref rire aux intonations cyniques. Dire qu'à cette époque, elle aurait pu se laisser convaincre.

Soudain, quelques secondes seulement après que la Demoiselle ait achevé sa tyrade, sphère pointée vers son Interlocuteur, celle-ci s'anima pour de bon et la voix de Sibylle Trelawney retentit dans la pièce. Cara venait de la confier au jeune Black, attrapant sa main et refermant ses doigts sur le verre, usant une douceur inattendue après tant de cris. -



" L'ultime jour de cette année
Le Seigneur des Ténèbres viendra se joindre aux festivités

Aidé de sa cour, il anéantira les coeurs nobles
Et privera la Magie de la dernière chose qu'elle possédait encore en ces heures sombres.
L'espoir disparaîtra, le Chaos règnera, Son Ascencion continuera

Mais dans ces âmes privés de joie naîtra la volonté et un grand combat débutera
Et même certains de ses sujets, pourtant forts alliés, commenceront à douter. "



- La voix se tut. Le visage de la Jeune Femme se détendit, son regard dégageant une chaleur inhabituelle. Comment avait-elle su que ce présage était destiné à Regulus ?
Elle n'en savait rien. Peut-être encore une de ses mystérieuses attributions. Elle avait senti qu'elle devait le faire. Et elle l'avait fait. Voilà tout.

Elle le fixait, intensément. Sa main toujours sur la sienne. Le contact de leurs doigts la fit tressaillir: elle ne l'avait pas réalisé avant le déclenchement du globe. -



Tu as eu peur. Tu vis dans la peur. Comme moi. Je comprends ton mutisme, ton embarras, ton dilemme.
Je ne t'en veux pas, pour quoi que ce soit. Je ne te juge pas. Quoi que tu fasses, cela reste ta vie.

Sache simplement que tu ne trouveras pas la porte de sortie si tu t'obstines à tourner en rond dans les couloirs méandreux de ton esprit. J'en sais quelque chose.



- La dispute était terminée pour la Demoiselle. Elle avait épuisé ses dernières forces, tout avoué et lui donnait l'opportunité de la livrer au Lord s'il le souhaitait. Pour la première fois de sa vie, elle se moquait des conséquences, sachant Keira en sécurité.

Elle n'avait jamais su se confier et l'hystérie lui était un état totalement inconnu.
Pourtant, ce soir-là, alors qu'elle se laissait choir sur un des fauteuils de velours, genoux ramenés contre son buste et menton posé sur ces derniers, elle s'était laissée aller aux deux. -
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Regulus A. Black
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Sam 25 Oct - 15:19

« Mais enfin, Black, de quel côté es-tu, réellement ? »

Tout le corps de Regulus se raidit à cette interrogation. C’était tellement compliqué d’y répondre. Quoique. Il savait ce qu’il voulait. Il savait quels actes le répugnaient, quelle était la notion de justice à laquelle il voulait se raccrocher. Mais ça ne suffisait pas. Ça n’était pas assez pour lui donner le droit de dire qu’il était dans tel ou tel camp, parce qu’il demeurait éternellement des cicatrices, des marques, des preuves qui joueraient contre lui, toujours. Oui, il osait parler d’espoir, et elle n’avait pas le droit de lui retirer ça, parce que c’était à cause d’elle qu’il osait prononcer ce mot. Elle, et Heide. Avant, l’espoir était un luxe qu’il ne pouvait même pas effleurer du doigt. Lorsqu’elle lui montra les blessures de son bras, il fit un pas en avant, main tendue vers elle. Le cœur serré.

« Quelle réponse attends-tu, Cara ? Physiquement, je ne peux qu’être de Son côté. Parce qu’il y a ce tatouage qui marquera à jamais ma peau, et qui me rappellera éternellement mes erreurs. »

Il releva sa manche, dévoilant à la fois cette marque répugnante sur son avant-bras, souillant sa peau pâle, et également la brûlure à sa main gauche, qu’il n’avait pas non plus pris la peine de soigner magiquement. Témoin d’une énième erreur qu’il ne souhaitait pas oublier. La douleur était réelle et lui rappelait que ce n’était pas un cauchemar dont il ne parvenait à se réveiller.

« Mais ce tatouage… ce masque… ces idéaux… ils ne me correspondent plus. Non, je crois qu’ils ne m’ont jamais correspondu, mais que j’étais trop aveugle, trop jeune, trop bête pour m’en rendre compte. J’en ai pris conscience le jour où j’ai reçu la marque. C’était il y a deux ans, et depuis… chaque jour, je regrette, j’ai honte en croisant mon reflet dans la glace, je… »

Il secoua la tête, essayant de se remettre les idées en place.

« Oui, je me permets d’utiliser le terme d’espoir, parce que tu m’y as poussé. Ne me reproche pas de me raccrocher à quelque chose en quoi tu m’as donné foi, quelque chose à quoi je n’avais jamais voulu m’abandonner avant. »
« Je la plains de t'aimer et je l'envie d'avoir su te le montrer. »

Il fit de nouveau un pas vers elle, allant jusqu’à effleurer presque timidement son bras. D’un souffle peiné, il murmura avec une sincérité criante :

« Mais tu me l’as montré. En étant simplement naturelle envers moi, en m’acceptant tout en te doutant de ce que j’étais véritablement, en recherchant ma compagnie. Tu me l’as montré, Cara, et c’est bien pour cela que je me suis raccroché de toutes mes forces à cette lueur que tu m’avais permis d’apercevoir. Si tu as douté, si tu as cru que je me moquais de ce qui pourrait t’arriver ce soir là, c’est moi qui ais échoué, parce que je n’ai pas su te montrer que tu comptes pour moi, et que je m’en voudrais si quelque chose t’arrivait. »

Et puis, des révélations. Une sphère mystérieuse qu’elle tenait dans sa main. Le cœur de Regulus s’affola dans sa poitrine, semblant essayer de s’en échapper tant il cognait avec véhémence. Il secoua la tête en signe de négation. Une peur presque panique s’empara de lui, et il s’écarta d’elle, ne désirant pas entendre tout ça. Non ! Il ne fallait pas qu’elle lui dise ça. Il ne fallait pas qu’elle… se mette en danger ainsi. Il n’irait pas la trahir, il n’irait pas répéter ce qu’elle lui disait au Lord, mais il n’était pas occlumens ! Si le Lord décidait de lire dans son esprit, tous les secrets de la jeune femme seraient dévoilés, et là, elle serait en danger. Non. Il fallait qu’elle cesse, qu’elle arrête de parler, qu’elle ne lui fasse pas tous ces aveux. C’était trop dangereux ! Mais même à travers ses protestations, la voix de Cara lui parvenait toujours, et il ne put qu’entendre tout ce qu’elle lui dit. Elle était directrice du Département des Mystères. Il n’aurait pas pu la protéger, car de toute manière, elle aurait pris part à la bataille d’une manière ou d’une autre. Un gouffre sembla se creuser entre elle et lui. Tant de choses qui les séparaient.

« Non, non, NON ! » Un cri, une peur panique qui se lisait dans ses yeux sombres. « Arrête ! Tu ne dois pas me dire tout ça. IL NE FAUT PAS ! Je ne… » Sa voix se brisait douloureusement. « Je ne suis pas occlumens, je ne sais pas fermer mon esprit ! S’il venait à fouiller mes souvenirs… Il ne faut pas… »

Il passa une main dans ses cheveux, signe d’une nervosité qui de toute manière était presque palpable. Il se sentait comme pris au piège. Si quelque chose arrivait à Cara, il s’en sentirait irrémédiablement responsable. Il la savait être une sorcière puissante, mais pourrait-elle vraiment se défendre si le Lord venait à lire dans l’esprit de Regulus, et se mettait en tête de la poursuivre ? Elle venait de les mettre en danger, tous les deux. Il secoua la tête, à nouveau, et prit une inspiration hachée. Pénible. Suffocante.

« Je n’en savais rien… Et je n’aurais jamais dû le savoir. »

Il n’eut pas le loisir de poursuivre, car elle attrapa sa main et y plaqua la petite sphère. Celle-ci était froide dans sa main, contrastant étrangement avec la tiédeur de la peau de Cara contre ses doigts. Une voix féminine, mais étonnamment rauque s’en éleva, énonçant ce qui ressemblait à une prophétie. Alors c’était ça, ce que renfermait le Département des mystères ? Des prophéties concernant le monde Magique ? « Mais dans ces âmes privées de joie naîtra la volonté et un grand combat débutera, et même certains de ses sujets, pourtant forts alliés, commenceront à douter. » Cela le concernait-il ? De prime abord, il fut tenté de dire non. Parce qu’il doutait depuis des semaines, depuis des mois. Depuis deux ans. Et pourtant. Avant, avant de rencontrer Cara, avant de faire la connaissance d’Heide, ses doutes faisaient partie de lui et il avait appris à vivre avec. Aujourd’hui, et depuis le Bal, ses doutes, il souhaitait les combattre. Il ne voulait pas les mettre en danger, il ne voulait plus obéir docilement en attendant le jour où tout ceci cesserait. Il ne voulait plus être le simple spectateur de sa vie et attendre une intervention extérieure qui viendrait le sauver. Il voulait se sauver lui-même. Il voulait les protéger.

Finalement, elle s’écarta, allant se recroqueviller sur son fauteuil. Toute pensée semblait s’être envolée de l’esprit de Regulus. Ombre et lumière faisaient rage en lui. Les derniers mots de Cara résonnaient en lui, porteurs d’une vérité qu’il ne pouvait nier. Son regard se posa sur la silhouette de son amie, et il vint simplement s’agenouiller devant elle, le regard perdu dans le vague. Peu à peu, le fil de ses pensées retrouva une certaine cohérence. Toujours était-il qu’il ne savait que dire, incapable de trouver les mots que tous deux attendaient. Ce calme après la tempête avait quelque chose d’apaisant, mais également d’effrayant. Comme s’il avait eu peur que quelque chose d’autre ne se passât ensuite, encore plus violent. Il finit par tendre sa main brûlée vers elle, et attrapa doucement les doigts de la jeune femme. Dans l’obscurité de la pièce, il chercha son regard et chuchota :

« Je sais que j’en demande beaucoup, et que je me suis mis dans cette situation tout seul… Mais je ne pourrai pas m’en sortir sans vous. Sans toi. » Profonde inspiration, comme pour se donner du courage. « Je vais te demander quelque chose, et tu es libre de refuser, ou de me mettre à la porte si tu en as envie. Mais j’ai besoin d’une réponse, aujourd’hui. »

Il ne pouvait plus reculer. La peur de trop l’impliquer était grande, mais la peur de la mettre en danger était plus dévorante encore, et le poussa à continuer.

« Je voudrais que tu me fasses un tatouage runique. Je présume qu’en tant que… Directrice du Département des mystères, tu es en mesure de le faire ? Cela fait des mois que je fais des recherches, et c’est le moyen le plus efficace que j’ai trouvé pour… fermer mon esprit. Comme une occlumancie permanente. Je voulais le faire moi-même, mais puisque ma main de baguette est blessée, j’ai peur que cela n’influe sur le rituel. »

Cela n'était pas sans risque, elle devait bien s'en douter. Il avait crée lui-même le tatouage, agencé les runes de telle sorte que son esprit soit protéger. Fermé hermétiquement. Et définitivement. Les effets secondaires, il ne pouvait que les supposer. Maux de crâne, peut-être. Quant aux effets sur sa magie.. il espérait qu'il n'y en aurait pas.

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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Sam 25 Oct - 17:46

- Sa première question resta en suspens. Le Jeune Homme était incapable d'y répondre pour une raison qu'elle ne put qu'apprécier. Même si son esprit, lui, décidait d'oeuvrer pour le Bien, il devrait vivre effectivement vivre avec ses actes passés et cette marque à jamais incrustée dans sa chair.
Il avait relevé sa manche, après avoir tenté un geste vers elle. Seulement, elle s'était reculée ostensiblement. Il le lui montra enfin. Ce dessin qui le liait à tout jamais au Mage Noir.
Elle s'était approchée alors, comme si elle était le miroir de ses propres blessures physiques et doucement, du bout des doigts, elle avait effleuré le tatouage, soulignant les contours de la tête de mort à la langue serpentine. -



Tout est pardonnable, même ça. La jeunesse nous fait accomplir tant de choses, surtout les plus irréfléchies. Mais les erreurs ... Les erreurs si elles ne peuvent être rattrapées n'en sont pas pour autant condamnables. Pas à mes yeux en tout cas.


- La Demoiselle ne pouvait lui en vouloir, à présent. Il n'était que le reflet de sa propre âme torturée. Elle non plus n'avait pas toujours fait preuve de discernement. Les évènements du Bal, ainsi que sa fille, bien qu'elle l'aima par-dessus tout, en étaient les preuves concrètes.
Les dommages collatéraux que ces décisions avaient engendré malgré elles perdureraient et demeureraient échangés. Mais, comme pour tout, le reste elle avait appris et apprendrait encore à faire avec.


Cara se saisit de sa baguette. Vu la brusquerie de son geste, on aurait pu croire qu'elle allait s'en prendre à Regulus. De plus, ses prunelles azurées étaient aussi dures que la pierre.
Bien entendu, elle n'en fit rien. Elle pointa l'extrémité en bois sur la main meurtrie de son Ami et à l'aide d'un sort de soin informulé, fit disparaître la brûlure. Elle savait que tout comme elle, il avait refusé d'apaiser cette douleur pour continuer à violenter son esprit.
Seulement, la Demoiselle n'avait jamais supporté voir un être cher se laisser souffrir. Et ce n'était pas maintenant qu'elle allait l'accepter.
Elle se doutait qu'il n'apprécierait pas son geste. Elle les mirent donc à égalité en s'occupant de son membre abimé. Bientôt, il sembla reprendre vie et ses doigts s'articulèrent comme si aucune attaque ne les avait jamais endommagés, les bleus disparaissant de la même manière.
Elle ne commenta pas son attitude, espérant qu'il comprendrait que, de cette façon, elle essayait de les sauver tous les deux des méandres de leur maux.

Il en revenait maintenant à l'Amour. Cette histoire d'amitié un peu compliquée où il y avait eu tant de malentendus. Elle s'était trompée sur ses intentions, visiblement. Elle l'avait cru indifférent. Elle s'était crue indifférente. Elle pensait n'avoir fait preuve que d'une simple courtoisie envers le jeune Black, alors que lui, lui disait qu'il n'en était rien. Elle lui avait apporté beaucoup, tout comme lui. Pourquoi ne s'en était-elle pas rendue compte ? Elle pourtant si intuitive n'avait rien vu. Elle pensait s'être montrée distante, hautaine comme avec tout un chacun. Lui avait vu plus loin. Il avait su lire entre les lignes.
Cette révélation lui arracha un sourire penaud. Elle comptait pour lui. Personne, excepté Peter, ne le lui avait jamais dis, avant ce soir. -



Je tiens également beaucoup à toi, Regulus. Tu es le seul avec qui j'aie pu me sentir quelqu'un. Lors de nos entrevues, je n'étais plus la prétentieuse et si effacée Cara-Lynn. J'étais une personne. Une personne avec qui l'on discutait, que l'on écoutait.

J'étais si dévastée par le meurtre de Peter que je ... Oh par Merlin ! Regulus ! Je n'aurais jamais du te dire tout cela !



- Trop tard. Le mal était fait. Elle lui avait ton révélé. Ses angoisses, son véritable statut au sein du Ministère, ses activités. Elle venait non seulement de signer son arrêt de mort mais aussi celui de Black. Car si le Lord venait à fouiller dans ses souvenirs, il viendrait la torturer pour lui arracher toute la vérité sur son travail mais en plus, il exécuterait le Mangemort pour ne pas lui en avoir fait part de lui-même.

La sphère avait parlé. Elle aussi avait fait certaines révélations, directement liées au Jeune Homme. Ils en avaient été tout deux effrayés. Mais Cara en avait curieusement été apaisée. Il n'était donc pas foncièrement mauvais. Elle ne s'était pas fourvoyée, à ce sujet. Tout pouvait encore changé, si Regulus était prêt à prendre tous les risques au péril de sa vie. Pour sauver celle de ceux à qui il tenait.

L'orage ne grondait plus. Le bruit assourdissant des éclairs s'étant tus, elle avait trouvé refuge devant l'âtre. Contre toute attente, Regulus la rejoignit, saisissant tendrement sa main. Elle la serra avec vigueur.

Puis, inconsciemment, sans même réfléchir à son acte elle glissa du fauteuil pour venir se blottir contre lui. Elle avait toujours détesté le contact avec les étrangers, répugnée à l'idée d'une simple bise. Cependant, la Belle avait besoin de celui-ci. Elle avait besoin de chaleur, de sentir que malgré toute sa souffrance, ils pouvaient s'échanger leurs drames. Ils ne s'étaient jamais laissés aller au moindre élan d'affection avant cette soirée. Leurs mains semblaient s'être cherchés. D'abord pour essayer de sauver l'autre, puis pour empêcher de laisser un fossé se creuser entre eux et enfin, à cet instant, en entrant réellement en contact physique avec lui, elle essayait d'exprimer tout ce qu'elle n'avait pas su lui dire. Les mots lui manquaient. Pour la première fois depuis qu'elle avait appris à parler.

Enfin, il lui demanda un service. Un service bien étrange de prime abord. Il n'était pas occlumens. Contrairement à elle, il n'était pas protégé contre Voldemort. Il voulait qu'elle lui dessine les runes qui le préserverait des assauts psychique de son Maître.
Elle réfléchit longuement puis, en supposant qu'il ne l'ait pas repoussé alors qu'elle se blotissait contre lui, elle leva le nez vers le visage du Jeune Homme, plantant ses iris dans les siennes. -



La pratique des runes est extrêmement compliquée. Les sortilèges sont pratiquement impossibles à appliquer, à moins d'être un sorcier chevronné.
J'ai bien suivi les cours à Poudlard mais je ne pense pas être capable de te tatouer de telles images sans au mieux, te blesser, ou au pire, te tuer. Tu ne sais pas quelles conséquences peuvent avoir des incantations mal formulées.

J'aimerais te rendre ce service seulement ... Je crains bien que cela n'entre pas dans mes aptitudes. Tu ferais mieux de faire appel à quelqu'un de plus avéré.
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Mar 11 Nov - 2:23

[Pfiou, désolée, j'ai eu du mal à m'y remettre, mais c'est bon ! ^^" Ça fait du bien de reprendre Reg avec cette petite pause.]

« Tout est pardonnable, même ça. »

Non. C’était faux. Tout n’était pas pardonnable. Et quand bien même, un jour, ses nombreuses fautes lui étaient excusées, c’était de lui-même que le pardon ne viendrait pas. Le poids des vies qu’il avait ôtées, ces lueurs paniquées dans les regards auxquels il avait arraché un dernier éclat, et cette culpabilité constante, rappel incessant de ce qu’il avait fait… Peut-être un jour les autres oublieraient-ils, et ne verraient plus en lui le mangemort forcé de se livrer à des actes qui le répugnaient, mais lui n’oublierait pas. Jamais. Il ne le voulait pas. Il voulait… se souvenir. Ça ne ramènerait jamais à la vie tous ceux morts pour une cause portée par la folie d’un seul homme, d’un monstre d’inhumanité, mais c’était comme un devoir de mémoire auquel il ne voulait pas se soustraire. Ça faisait partie de lui, maintenant, et le soulagement de voir que Cara ne le blâmait pas pour ses erreurs passées, et même actuelles, n’enlevait rien au fait que ces cicatrices là ne guériraient jamais, et qu’il était décidé à les porter pour le restant de ses jours.

Le jeune homme eut un mouvement de recul en la voyant sortir sa baguette, mais avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, il ne ressentit qu’une sensation de picotement au niveau de sa main gauche. Incompréhension qui vint briller dans ses yeux sombres, tandis qu’il les relevait vers Cara. Cela non plus, il n’avait pas voulu l’oublier, mais elle venait de l’effacer de sa peau, sans son consentement. Étrangement, il le prit comme un pardon qu’elle lui offrait. Comme si, en soignant cette blessure qu’il avait reçue le soir du bal, elle le libérait de cette responsabilité qu’il savait pourtant qu’il avait concernant la mort de son frère. Il s’apprêta à faire une remarque, mais elle le devança en soignant elle aussi son membre meurtri, et il ne retint pas un sourire presque timide.

Dans un souffle qui se perdit entre eux, ses lèvres laissèrent échapper un unique mot qui était, il le savait, amplement suffisant :

« Merci. »

Puis son amie réalisa cette folie qui l’avait prise, un instant. Celle de tout lui dire. La panique, bien qu’estompée, faisait encore battre son cœur de manière irrégulière. Il le sentait cogner dans sa poitrine, résonner jusque dans ses tempes. C’était dangereux, mais malgré sa peur de mourir, c’était pour elle, Cara, qu’il craignait. Bien qu’en tant que Directrice du Département des Mystères, elle eût sûrement été en mesure de se défendre, la peur de la voir un jour aux mains du Lord le glaçait tout entier. Des milliers de scénarios tous plus terribles les uns que les autres qui se formaient dans son esprit. Il ne fallait pas. Il devait… il devait être fort. Il devait devenir fort. Pour être en mesure de les protéger, elle, Cara, mais également Heide. Même si, il le savait, la perspective de le voir essayer de les protéger les agacerait plus qu’autre chose. Sur bien des points, elles étaient certainement bien plus fortes que lui, et ce n’étaient peut-être pas elles qui avaient besoin de protection.

L’instant d’après, succession de scènes décousues que son esprit plongé dans un état presque second ne parvenait plus à analyser clairement, Cara se laissait glisser du fauteuil pour venir se blottir contre lui. Sans même qu’il n’eût à en prendre la décision, ses bras se refermèrent doucement autour de sa silhouette. L’enveloppant dans ce qui était, il l’espérait, une étreinte suffisamment rassurante et chaleureuse pour effacer ces doutes et ces craintes qu’il lisait dans les gestes de la jeune femme. C’était la première fois qu’ils faisaient preuve d’une telle familiarité. Certes, elle avait déjà déposé à une ou deux reprises ses lèvres sur sa joue, en guise de salut, mais c’était différent. Là, le contact était partagé, recherché, même. C’était inhabituel et déroutant, mais cela n’enlevait rien au fait qu’il la serrait contre lui, à la recherche d’un soutien qu’il s’efforçait aussi de lui transmettre. Un peu de cette force qui lui faisait souvent défaut, mais qu’il voulait lui donner, ce soir.

A sa demande incongrue, elle releva les yeux vers lui, et la proximité de leurs visages avait quelque chose de profondément troublant. Cependant, il soutint son regard et l’écouta tandis qu’elle lui répondait. Oui. Il s’était attendu à cette réponse, et un sourire vint jouer au coin de ses lèvres tandis qu’il acquiesçait lentement.

« Oui. J’ai le tatouage, j’ai la formule… Il ne me reste plus qu’à trouver un sorcier suffisamment expérimenté et surtout, digne de confiance pour cela. Je trouverai. »

Un soupir, léger. Qui fit voleter quelques mèches brunes sur le visage de Cara.

« Il le faut, sinon… Qui sait ce qu’il pourrait se passer. »

Pourquoi les choses lui paraissaient-elles s’être emballées, tout d’un coup ? Combien de mois s’étaient écoulés depuis sa rencontre avec Cara ? Et Heide ? Très peu, lui semblait-il. Ces deux dernières années, il avait cru les vivre au ralenti, enfermé dans une horreur quotidienne dont il ne parvenait à se dépêtrer, et aujourd’hui, à présent qu’il avait trouvé des personnes qui comptaient pour lui, et qu’il souhaitait protéger… c’était le temps qui lui manquait. Ce temps qu’il avait si longtemps cherché à fuir. Il ne pouvait pas se permettre d’apprendre l’occlumancie, c’était un apprentissage trop long et fastidieux, pour au final atteindre des résultats qui lui semblaient trop hasardeux. Il lui fallait une valeur sûre. Les runes. Et à présent, il lui fallait un appui. Un sorcier compétent et en qui il pouvait avoir confiance. Inconsciemment, une longue barbe blanche et des lunettes en demi-lune s’imposèrent à son esprit, mais il les en chassa aussitôt. Non. Cela, il n’oserait jamais.

Repensant à tout ce qu’il s’était passé depuis son arrivée, un rire nerveux vint lui secouer les épaules. Comme si toute la tension accumulée ces derniers jours avait cherché à s’envoler. Il se sentait… stupide.

« Quand je pense que j’ai essayé de t’envoyer vers les Aurors pour que tu sois en sécurité, alors que tu as quasiment le statut pour être à leur tête… Merlin. Je n’oserais plus jamais te mettre en colère ! »

Un sourire, presque penaud. La situation avait besoin d’être allégée, sinon il allait imploser. Tentative maladroite de détendre un peu cette atmosphère qui lui semblait si chargée.

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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Jeu 13 Nov - 21:00

- Leur étreinte s'éternisait. Agréablement. Cara se laissa, pour la première, apprécier un contact humain autre qu'avec son frère ou sa fille. Cette carrure masculine bien qu'étrangère semblait lui procurer une certaine sécurité qui lui avait toujours manqué.

Malheureusement, l'heure n'était pas à l'abandon. Le jeune Black venait de lui faire une demande qui la laissait pantoise. Elle savait que leurs vies étaient en jeu. Comme elles l'avaient toujours été, bien sûr, mais ce soir, la situation n'était plus la même. Après toutes ces révélations, ces peurs les plus secrètes, telle que celle de se faire surprendre chez elle par le Lord, avaient encore plus de chance de se concrétiser.

Avant de penser à elle, la Demoiselle s'inquiétait surtout pour son entourage. Quand Voldemort voulait quelque chose, il était prêt à tout pour l'obtenir. Il n'hésiterait en aucun cas à torturer ses proches afin de l'atteindre. Regulus en faisait parti et il était certainement le plus exposé. Une bouffée d'horreur l'étouffa soudain et, appuyée par la proximité de leurs deux visages, elle l'embrassa.
Non pas sur la joue, bise prudente en guise de salut. Non, un baiser franc, ses lèvres se joignant spontanément à celles de son Ami.

Cela ne dura que quelques secondes, le temps que l'Oiselle ne se rende compte de sa bêtise. Elle s'écarta vivement, sautant pour se remettre debout, comme brûlée par une flamme inattendue. Elle posa une main sur sa bouche, accessoire de son improvisation ratée. Comment avait-elle pu faire ça ? Même le chagrin incommensurable qui l'habitait n'excusait pas son acte. Elle en devint encore plus pâle, bredouillant tandis qu'elle se tenait à bonne distance de son Interlocuteur. -



Je ... Je suis désolée. Je n'aurais pas du.



- Avoua-t-elle simplement en guise d'excuses. Vite, vite, changer de sujet. Avant que son geste ne prenne des proportions incontrôlables.
Jamais Cara n'avait embrassé un Homme. Enfin si, bien sûr. Mais jamais la première. Et surtout pas dans ces conditions. Un ami en plus de ça ! Elle avait l'impression d'avoir quatorze ans et de s'être cassée la figure en plein milieu de la Grande Salle de Poudlard, sous les rires moqueurs des autres élèves. La honte de sa vie.
Qu'allait-il penser d'elle à présent ? Il avait déjà quelqu'un dans sa vie, elle s'en doutait. Certainement cette femme en costume d'homme avec qui elle l'avait vu discuter le soir du Bal. Jamais, au grand jamais, elle ne s'était sentie aussi embarrassée. Elle qui savait si bien se contenir d'ordinaire avait cédé à une pulsion. Ce n'était pas dans son caractère et pour cela, elle s'en voulait.

Elle se décida donc à reprendre contenance, se raclant légèrement la gorge. Les runes. Après ça, elle ne pouvait qu'accéder à sa requête. -



Eh bien ... Euh ... En ce qui concerne le tatouage, je pense que, si tu dis avoir suffisamment confiance en moi, je pourrais m'acquitter de cette tâche. Je ne te garantis rien. Les seules runes que j'aie gravé étaient sur la pierre mais j'avoue avoir été une élève plutôt douée, selon mon Professeur. Ainsi que de l'avis de Dumbledore.


- Peut-être avait-elle compris qu'il ne pouvait décemment pas faire appel au Directeur. Donc, en faisant cette dernière allusion, elle essayait de lui prouver qu'il pouvait très bien se contenter d'elle et par la même occasion, elle parvenait presque à se convaincre elle-même.

Enfin, il lui fit une remarque humoristique à propos de ses talents de combattante. Elle ne put qu'en rire. -



Disons que quelques uns de tes .. " collègues " me doivent certaines de leurs cicatrices.



- La Demoiselle évitait soigneusement le regard de son Invité. Elle préféra, le temps que sa gêne ne se dissipe entièrement, aller écarter légèrement l'un des rideaux qui protégeait sa demeure des regards extérieurs.
La nuit était belle, tout semblait calme au-dehors. Seule la lumière criarde des réverbères gâchaient l'ambiance feutrée de la rue. Elle soupira. Tant de choses avaient changé en à peine quelques jours. -
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Jeu 13 Nov - 23:49

[Hum. Je jure sur la plus ancienne pierre de Poudlard que j'ai essayé de ne pas faire dans le mièvre... XD]

Il ne s’y était pas attendu. Rien dans les gestes de la jeune femme, ou bien dans son regard, ou même dans sa manière d’agir envers lui jusqu’à présent n’aurait pu lui souffler qu’elle aurait, un jour, ce geste envers lui. Et pourtant. Avant qu’il n’ait eu le temps de réaliser ce qu’il se passait, il sentit les lèvres de Cara se poser sur les siennes, spontanément. Furtivement, mais pas assez pour que le doute eût une chance de s’immiscer dans son esprit. Le contact était réel, et ces lèvres contre les siennes, il ne les imaginait pas. Un baiser qui avait l’air de surprendre autant celui qui le recevait que celle qui le donnait. La machine de ses réflexions sembla s’arrêter sur le champ, et il ne pensa pas à se détacher, rompre un contact dont il savait pourtant qu’il les gênerait tous deux, après. Au contraire, machinalement, en un réflexe insoupçonné, l’une de ses mains vint se poser dans le dos de Cara, la serrant un peu plus contre lui. Folie qui le prenait, celle de ne pas chercher à se dérober à ce baiser, et d’y répondre. Pure folie, mêlée à un sentiment de… douceur. Tendresse incommensurable. Gratitude, étrangement.

Puis ce baiser se rompit aussi vite qu’il avait été amorcé, et elle s’échappa de son étreinte pour se relever, et fuir. Le fuir, lui, fuir son regard, la réalité de son geste. Le souvenir de l’acte. Il resta un instant immobile, incapable de formuler une pensée cohérente, puis les mécanismes de son esprit se remirent en marche, et il porta une main à ses lèvres. Son cœur cognait dans sa poitrine, le sang pulsait à ses tempes, et à en juger par cette sensation de chaleur diffuse sur son visage, il devait avoir les joues cramoisies. Merlin merci, les rideaux étaient tirés et la pièce, plongée dans l’obscurité. Il se releva à son tour, trouvant un intérêt tout particulier pour le tapis qui décorait le sol. Fascinants motifs, à n’en pas douter, vu l’attention qu’il y portait. Tous deux devaient former un tableau bien singulier.

« Je ... Je suis désolée. Je n'aurais pas dû. »
« Non ! » Protestation, irréfléchie. Puérile. Il inspira profondément avant de reprendre, levant les yeux vers elle : « Je veux dire… Tu n’as pas à t’excuser. »

Il avait failli dire « Ce n’est rien », mais il avait jugé plus sage de se taire. Regulus avait comme la désagréable impression que sa gêne, s’il essayait de rassurer son amie, allait le pousser dans de longues justifications qui ne feraient qu’empirer la situation. Il ne parvenait à faire le tri dans toutes les émotions qui l’assaillaient. Ce qui le troublait le plus était qu’il avait répondu à ce baiser. Par ce geste, en l’embrassant, elle lui avait montré qu’elle tenait à lui, qu’il comptait pour elle, mais également semé le doute sur leur relation. Dans quelle mesure tenait-elle à lui ? En tant qu’ami, ou… Il se sentait bête, à tergiverser ainsi, à se faire des idées. La surprise était le seul sentiment sur lequel il pouvait mettre un nom, car après tout, Cara n’était pas le genre de femme à se laisser dominer par ses pulsions. C’était tellement… soudain ! Et lui qui n’était déjà pas sûr de lui lorsqu’il s’agissait de se lier d’amitié avec quelqu’un, et à plus forte raison avec elle ou avec Heide, mais à présent, il se sentait encore plus dérouté. Elle venait de l’embrasser.

Il n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce fût, car elle s’empressa de remettre le sujet des runes sur le tapis.

« Eh bien... Euh... En ce qui concerne le tatouage, je pense que, si tu dis avoir suffisamment confiance en moi, je pourrais m'acquitter de cette tâche. Je ne te garantis rien. Les seules runes que j'aie gravées étaient sur la pierre mais j'avoue avoir été une élève plutôt douée, selon mon Professeur. Ainsi que de l'avis de Dumbledore. »

Il secoua doucement la tête, un faible sourire aux lèvres. Il ne voulait pas qu’elle se sente obligée de faire ça à cause de ce qu’il s’était passé précédemment. Peut-être n’était-ce pas le cas, mais c’est ainsi qu’il le ressentit, et il préféra le lui dire.

« Ne te sens pas forcée d’accepter à cause de… » Notre baiser. Les mots peinaient à sortir. A vrai dire, il n’osait même pas les formuler clairement en lui-même. « A cause de ce qu’il vient de se passer. »

Une seule question lui brûlait les lèvres : pourquoi ? Pourquoi l’avait-elle embrassé ? Pourquoi maintenant ? Il retint ses interrogations malgré tout, parce qu’il ne voulait pas la mettre mal à l’aise, et qu’il aurait été inconvenant de le lui demander. Toutefois, voyant qu’elle fuyait toujours son regard, il ne parvint pas à contenir certains mots derrière la barrière de ses lèvres, et il se rapprocha d’elle.

« Écoute, je… » A nouveau, une inspiration, un peu plus profonde. Un peu plus douloureuse, également.

Il tendit une main vers elle et la posa sur sa joue, l’incitant à tourner son visage vers le sien.

« Je ne veux pas que tu aies peur de moi, ou que tu sois réticente à l’idée de croiser mon regard.. Je ne t’en veux pas pour ce qu’il vient de se passer, mais je ne… » T’aime pas ainsi. Non. Il ne pouvait pas lui dire ça. Parce qu’il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il se méprenait sur les véritables intentions de Cara, et lui dire ceci pourrait la vexer, pire, la blesser, ou simplement empirer les choses.

C’était vrai, pourtant. Il ne l’aimait pas ainsi. Elle était une amie, une sœur, même, et cela bien qu’il sût qu’elle avait déjà un frère. Un frère disparu par sa faute. Un frère qu’il ne saurait jamais remplacer, ni dans son cœur, ni dans son esprit, et dont il ne chercherait jamais à prendre la place. Il tenait à elle, mais il ne s’imaginait pas que cela pût aller plus loin, sans pouvoir y trouver de raison valable. Elle était belle, brillante, elle était une sorcière accomplie dotée d’une force d’esprit impressionnante, mais les sentiments qu’il éprouvait pour elle n’étaient que ceux d’un jeune homme envers l’une de ses rares amies. Bêtement, son cœur se serra à cette idée. Mais elle méritait mieux qu’un mangemort dont les jours étaient peut-être comptés. Mieux que lui.

Un sourire creusa une légère fossette au coin de sa bouche. Son pouce caressa légèrement la peau pâle de son amie, puis sa main se détacha pour revenir s’enfouir dans les profondeurs de sa poche.

« Alors souris, d’accord ? Ne cesse pas de sourire... Aussi longtemps que tu auras besoin de moi, je serai là. »

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Cara-Lynn Williamson
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Ven 14 Nov - 5:30

[ Mièvre ? Mais noooon ! C'mignon : p Atta de voir ma réponse, tu vas connaître la véritable définition du mot " cucul " ! xD ]


- Il avait prolongé certes, de manière instinctive certainement. Car tandis qu'il la rassurait sur le peu de conséquences de son geste, il n'hésitait pas à lui faire comprendre que, si les sentiments de la Jeune Femme allaient plus loin qu'une simple amitié, ils n'étaient pas partagés.
« Je ne veux pas que tu aies
peur de moi, ou que tu sois réticente à l’idée de croiser mon regard..
Je ne t’en veux pas pour ce qu’il vient de se passer, mais je ne…
», commença-t-il, peinant à achever sa phrase. Ce fut inutile. Elle l'arrêta d'un simple geste de la main. -


Je sais. Epargne-moi le couplet mélo-dramatique où tu m'expliques avec tact que je ne suis pour toi qu'une simple partenaire de détresse et que ce que tu ressens pour moi ne va pas au-delà d'une belle et forte amitié.


- Le coupa-t-elle, le regard toujours figé vers la ruelle sombre. Il avait été aussi embarrassé qu'elle, elle l'avait senti. Elle n'avait pas eu besoin de le regarder pour en avoir la certitude. Parfois, un lourd silence suffisait. Elle glissa une lèvre entre ses dents blanches, la mâchonnant légèrement. Son ego venait de prendre un sérieux coup de poignard. Son cœur aussi, d'ailleurs.

Il fallait bien qu'elle se l'avoue à présent. Pourquoi l'avait-elle embrassé, se demandait-il ? Parce qu'elle l'aimait tout simplement. Parce qu'il n'était pas qu'un ami. Parce que cette faiblesse de quelques secondes trahissait toutes ses véritables intentions. Elle en était scandalisée, intérieurement. Elle n'avait jamais aimé personne. Excepté Peter, Keira et le père de cette dernière. Père dont nul ne connaissait le nom, ni rien d'autre d'ailleurs. A part eux. Leur relation avait été longue, cachée et fusionnelle. Et leur liaison s'était interrompue tout aussi soudainement qu'elle avait commencé.

A présent, elle saisissait toute l'ampleur de ce qu'elle éprouvait pour le Jeune Black. Ce n'était pas le désespoir qui l'avait poussé à l'embrasser. Non, cela n'avait rien à voir avec la perte de Peter ou avec le désastre de sa vie actuelle. C'était tellement plus. Les mêmes prémices sentimentaux avec le coeur au bord des lèvres et les noeuds dans l'estomac. Ainsi que tout le caractère dévastateur que cela impliquait.

Ses doigts agrippèrent le pan du rideau, comme pour se raccrocher vainement à une réalité qui désormais, lui échappait totalement. L'heure n'était plus à se mentir.
Prise d'un élan de courage, Cara-Lynn planta ses prunelles dans celle son Ami. -



J'ai toujours eu ce que je voulais. J'ai travaillé pour l'avoir. J'y ai sacrifié mes principes, ma morale et même mon âme.

J'ai perdu l'homme de ma vie, le père de ma fille, par orgueil. Cet orgueil mêlé à ma trop forte ambition m'ont couté très chers. Tout ce qu'il me reste, tu peux l'observer d'un simple tour d'horizon: un travail, une maison et mon enfant. Je n'ai ni famille, ni amis. Je n'ai jamais voulu en avoir. Par fierté, encore une fois.

Si je t'ai laissé entrer dans ma vie, c'est simplement parce que je me suis laissée guider par mes émotions. Mon inconscient avait des arrières-pensées, semble-t-il, et je le réalise seulement maintenant.



- Il ne s'était pas mépris sur ses intentions, effectivement. Il l'avait même saisi avant elle. Double coup de poignard. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux avant de rejeter la main qu'il tendait vers elle, frôlant sa joue. Elle ne pouvait pas sourire. A cette demande-là, elle ne pouvait pas y accéder. Epuisée, éreintée, malmenée par tant de révélations, elle décida qu'il en suffisait des faux-semblants.

Notre Maîtresse en l'art du bluff déposait les cartes et avouait la perfidie de son jeu. -



Ne dis rien, je t'en pris. Pour l'amour de la Magie, juste pour une fois, ferme-la et écoute-moi !


- Lui intima-t-elle sur un ton doux mais sans réplique.
Les digues de sa superficialité lâchaient définitivement prise. C'était l'occasion où jamais.

Elle n'était plus cette Cara-Lynn Williamson, petite fille malheureuse, coincée dans un placard, espérant que la masse de bois étoufferaient les hurlements de ses géniteurs, sans qu'elle échappe le moindre son, blottie dans les bras protecteurs de son Ainé et se calfeutrant derrière une carapace de " femme brillante, accomplie et forte ". A présent, elle était tout autre chose. Tel un modèle se mettant nue devant une flopée d'artistes en herbe prêts à décortiquer son corps à coup de fusain, elle arrachait sa carapace, offrant à Regulus l'occasion de démêler les noeuds d'une personnalité que si souvent l'on qualifiait de compliquée. Pour la première et très certainement la dernière fois. -



Je t'aime Regulus. Pas comme tu voudrais et pas comme je devrais. Je viens de m'engager dans une voie à sens unique. Il m'est impossible de revenir en arrière. J'en suis vraiment navrée, j'aurais aimé que ce geste que j'aie eu envers toi n'ait été qu'un ... Qu'une lubie. Qu'une envie exceptionnelle. Mais je sais que ce n'est pas le cas alors ...



- Ses doigts effleurèrent le carreau gelé de la fenêtre. La chaleur de sa main embuant celui-ci. Ultime trace d'une vie trop longtemps négligée.

Puis, ces mêmes doigts vinrent effleurer les lèvres du Mangemort, un petit sourire peiné venant ourler celles de la Directrice. Il fallait que cela s'arrête. Maintenant. -



... Alors je vais te demander de ne plus me revoir. Je vais te demander de m'oublier et de ne faire de moi que l'agréable souvenir d'une femme qui t'aimait, sincèrement. Qui s'est laissée prendre à un piège dans lequel elle n'était plus tombée depuis bien longtemps. Je sais que j'ai besoin de toi. Tu m'apportes tant. Mais maintenant, je ne peux plus vivre au détriment des autres ou sans prendre en compte mon propre bien-être ... Continuer à te voir tout en sachant ce que tu représentes à mes yeux serait à la limite d'un masochisme que je ne pourrais pas assumer

Sache simplement que le fait que tu sois un Mangemort ne me bloque en rien. Si tu veux tout savoir, Matthew en était un. Le père de Keira. Voilà pourquoi nous devions dissimuler notre liaison. Je l'ai su dès le début et je l'ai accepté. Lui aussi avait blessé et même assassiné un certain nombre de personnes. Mais il restait un être humain, un être humain qui a donné sa vie pour la mienne. Et toi aussi, Reg', tu es un être humain.



- Violent flash-back. Le jour de leur dispute lui revint en mémoire. Ensuite, la dépêche dans la Gazette qui l'informait de son incarcération à Azkaban. Ou plutôt qui confirmait son acte. Elle l'avait elle-même interpellé, sans savoir qui se cachait derrière ce masque. Ce fut simplement lorsqu'elle lui noua les poignets sans qu'il riposte qu'elle comprit que c'était son Amant qu'elle venait d'enchainer. Et par la même occasion, de le condamner à mort par le baiser des Détraqueurs.

Elle aurait pu le relâcher. Elle ne l'avait pas fait. Elle était amoureuse. Et enceinte. Elle aurait du. Mais elle ne l'avait pas fait. Trop habitée par sa rage. Et son orgueil. C'est ainsi qu'elle avait obtenu sa promotion au Ministère. Un mal pour un bien, diraient certains. Mais elle, s'était emprisonnée avec ce soir-là. Elle était devenue hermétique et l'était restée.

Jusqu'à ce soir. -



Je connais un très bon magicien qui pourrait te tatouer ses runes dans le secret le plus absolu. Il est très discret et ne te posera aucune question. Son nom est Donald MacFallen, il habite dans un petit village d'Ecosse. C'est un Highlander alors essaie de ne pas trop ... Le provoquer, si tu vois ce que je veux dire.

Va directement à la Taverne du village, il s'appelle Lockerbie. La Tenancière te dira où le trouver, s'il n'est pas déjà en train de s'enfiler deux ou trois chopes. Dis-lui simplement que tu viens de ma part, il comprendra.



- C'était là la seule aide qu'elle pouvait désormais lui apporter. Bien sûr, la Demoiselle était prête à le faire elle-même mais elle eut peur que le Garçon interpête mal ce geste. Alors qu'au final, si elle avait du exécuter cette tâche, ce n'aurait été que pour les protéger. Lui, elle et Keira. Mais peu importait au final, l'essentiel étant que ce soit fait. Pour leur sécurité.

Ses doigts avaient depuis longtemps quitté le visage de Regulus. Elle rabattit les pans de sa veste bien trop moulante pour une personne endeuillée sur son tee-shirt informe et quitta le living-room pour aller se réfugier dans la cuisine. Prise de court par ce trop-plein d'émotions, elle se servit un double-scotch et en avala une longue gorgée tout en cillant de soulagement. Elle n'était pas du genre à noyer son chagrin dans l'alcool mais là, elle méritait bien un petit remontant. Avec un peu de chance, peut-être Black s'en irait-il tout de suite sans faire le moindre commentaire.


Et tandis que la mère s'alcoolisait dans la pièce adjacente, la fille sortit de sa chambre et après avoir descendu les escaliers à tâtons, vint rejoindre Black dans le salon.
Keira, de ses grandes billes bleues, observait l'Inconnu qui se trouvait dans sa maison. Elle frotta ses paupières ensommeillées, son ours en peluche préféré gisant à ses pieds. Elle portait un pyjama bleu ciel où un croissant de lune lui souhaitait une bonne nuit.

Puis d'une voix implorante, elle s'adressa au Jeune Homme. -



Où qu'elle est, Maman ?
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Sam 15 Nov - 22:33

« Je sais. Epargne-moi le couplet mélodramatique où tu m'expliques avec tact que je ne suis pour toi qu'une simple partenaire de détresse et que ce que tu ressens pour moi ne va pas au-delà d'une belle et forte amitié. »
« Tu n’es pas une… partenaire de détresse, » protesta-t-il, surpris par le ton presque tranchant dont elle avait fait preuve.

Le terme lui inspirait une horreur profonde. Comme s’il avait choisi de devenir son ami car il avait perçu les meurtrissures de son âme, et qu’il s’était dit qu’à deux, ils pourraient se soutenir mutuellement. Ce n’était pas le cas. Il n’avait jamais voulu l’impliquer dans ses problèmes, velléité sûrement stupide étant donné qu’ils étaient à présent en plein dedans. Mais sa relation avec Cara ne découlait en rien d’une sorte de… machination pour obtenir un appui qu’il n’avait jusqu’alors jamais eu. Peut-être n’était-ce pas ce qu’elle avait voulu dire en employant cette expression mais ce fut ainsi qu’il le ressentit, et cela le blessa bien qu’il n’en montrât rien.

« J'ai toujours eu ce que je voulais. »

Il l’écouta parler, la fixant d’un regard qui était d’une intensité peu commune. Le fait était qu’il ne voyait pas où elle venait en venir, pourquoi elle lui disait cela, et lorsqu’elle laissa un ange passer au dessus de leurs têtes, il tendit une main vers elle, main qu’elle rejeta. Pincement au cœur, que cette fois encore, il trouva le courage de dissimuler.

« Cara… »
« Ne dis rien, je t'en prie. Pour l'amour de la Magie, juste pour une fois, ferme-la et écoute-moi ! »

L’idée de protester ou de désobéir ne lui vint même pas à l’esprit. Mais ce mauvais pressentiment venu lui glacer les entrailles, il ne pouvait l’ignorer et, nerveusement, l’une de ses mains vint de poser sur le rebord d’un buffet. Ses doigts se crispèrent dessus, comme pour le maintenir à la fois debout, et dans la réalité de cette scène qui devenait de plus en plus… étrange. « Je t’aime, Regulus. » Son cœur manqua un battement, et il lui sembla qu’une main invisible était venue lui comprimer la gorge. Un instant, un bref et furtif instant, il lui en voulut de lui dire ça. De poser des mots sur une réalité qui ne ferait d’accentuer cette gêne déjà presque palpable entre eux, depuis plusieurs minutes. C’était la première fois qu’on le lui disait. Ou plutôt, c’était la première fois qu’on le lui disait et qu’il y accordait de l’importance. Trop d’importance ? Bien sûr, à Poudlard, ses quelques conquêtes le lui avaient dit, mais ce n’était jamais resté que des mots. Des mots que lui-même n’avait jamais prononcés. Mais venant d’elle, dans cette conversation précise, cela prenait un sens qu’il n’avait jamais fait qu’entrapercevoir. Et là, cela compliquait tout. Cela l’effrayait.

Elle ne pouvait pas l’aimer. Elle ne devait pas l’aimer. C’était risqué, c’était une folie dans laquelle elle n’aurait jamais dû sombrer. S’était-elle à ce point fourvoyée sur son compte, pour réussir à trouver chez lui quelque chose d’attirant ? « Mais je sais que ce n'est pas le cas alors... » Il sentit les doigts de Cara effleurer ses lèvres, et il ne chercha pas à se dérober à ce contact. Ce fut pourtant lui qui le rompit, lorsqu’il secoua la tête de gauche à droite. Geste de protestation, tandis que ses lèvres se courbaient pour former un mot qu’aucun son ne vint rendre audible : Non. Il avait peur de comprendre ce qu’elle allait lui dire ensuite. Ce qu’elle allait lui demander. L’appréhension le tétanisait presque sur place, et sa respiration s’accéléra légèrement sous le coup de cette peur panique, irrationnelle, qui s’enflamma en lui lorsqu’elle prononça enfin ces mots tant redoutés.

« Alors je vais te demander de ne plus me revoir. »

Les mots résonnaient douloureusement en lui. Ne plus la revoir. L’oublier. Souvenir. Besoin. Elle ne pouvait pas lui demander ça ! Elle n’en avait pas le droit ! Comment pouvait-elle nourrir l’espoir qu’il obéirait sagement et sortirait de sa vie ? Et qu’il la chasserait ainsi de la sienne ? C’était impossible ! Elle n’était pas un objet qu’il pouvait entreposer dans un grenier poussiéreux après l’avoir suffisamment contemplé, qu’il ne ressortirait plus jamais mais auquel il penserait en de rares occasions. Ça ne marchait pas comme ça. Lui ne fonctionnait pas comme ça, et partir, quitter cette maison sans regarder en arrière lui paraissait inconcevable. Et pourtant. Elle évoqua un argument qu’il ne pouvait combattre. S’il restait, s’il continuait à la voir, elle souffrirait. Et lui, à présent qu’elle lui avait annoncé clairement quelle était la nature de ses sentiments pour lui, ne ressentirait qu’une gêne qu’il ne ferait que gâcher l’ensemble de leur relation. L’idée même que sa présence pût être source de souffrance pour la jeune femme était insupportable.

« Crois-tu que je puisse faire ça ? Tourner les talons, quitter cette maison et accepter de… » Ses pensées se faisaient incohérentes, et les mots ne voulaient plus sortir. « Je ne voulais pas… Ce n’est pas… » Comme ça que ça aurait dû se passer.

Face à elle, face à Cara qui avait enfin laissé tomber ce masque hermétique qui l’avait protégée toutes ces années, il réagit de la manière la plus stupide qui fût. Il se ferma. Pour occulter cette douleur, pour ne pas se montrer plus faible qu’il ne l’était déjà, pour ne pas lui montrer que sa demande lui retournait le cœur. Oh, il se doutait bien que ce n’était pas facile pour elle, de lui demander ça, mais il ne réfléchit pas vraiment à ce qu’il faisait. Colère contre lui-même. Il s’était toujours refusé à s’attacher. Avant, c’était principalement car les personnes qu’il fréquentait n’étaient pas des gens avec lesquels il souhaitait réellement créer des liens. Et aujourd’hui, après s’être laissé aller à la douce folie de se lier d’amitié avec elle, il avait la preuve qu’il n’aurait jamais dû le faire. Il avait cru la perdre après le 31 Décembre, et il était venu ici pour s’expliquer. Et quand il avait cru qu’elle resterait à ses côtés, elle lui filait entre les doigts. Comme une eau claire et froide dont le contact avait été une bouffée d’air frais ces derniers mois, mais qui n’était qu’éphémère. Bêtement, il considérait que c’était sa faute à lui. Sa faute si elle s’était entichée de lui, qui ne le méritait sûrement pas.

Elle lui parla d’un tatoueur, quelqu’un de confiance, mais il assimilait les mots sans les comprendre. Avant qu'elle ne disparaisse dans l'autre pièce, il lui attrapa le bras et la força à le regarder.

« Ne me demande pas de partir sans me retourner, et de ne faire de toi qu'un simple souvenir auquel je ne penserais qu'en de rares occasions. Ça, je ne le pourrais pas. Mais tu es la mieux placée pour savoir ce qui est bon pour toi ou non, et si tu sais que ma présence te fera souffrir, alors... soit. Je ne chercherai pas à m'imposer en sachant que cela te blesse. »

Elle s'était échappée, et ne restait devant lui qu’une pièce plongée dans une obscurité floue. Non, la pièce n’était pas brumeuse, c’était juste… D’un geste rageur, il passa une main sur son visage. Avait-il le don de réduire à néant toutes les relations qu’il entretenait avec autrui ? Il avait perdu Sirius, il y avait bien longtemps, et il s’était promis de ne plus jamais se laisser avoir. Pourtant, c’était le cas ce soir là. Sa vie n’était qu’une succession d’erreurs qui se répétaient, et il se demandait quand il parviendrait à en sortir. Une fois de plus, il n’avait rien trouvé à dire pour la retenir. Elle était partie. Elle n’attendait plus qu’il quitte à son tour cette pièce, et cette maison, pour ne plus jamais y revenir. Rage et tristesse se mêlaient en lui en un maelström de sentiments qui le faisait presque suffoquer. Il sursauta lorsqu’une voix se fit de nouveau entendre.

« Où qu’elle est, maman ? »

Il fit volte face, pour se retrouver face à une petite fille à l’air ensommeillé. Malgré lui, il ne put retenir un sourire. Triste. Fille de Cara, mais également fille de Mangemort. Quoique la jeune femme pût en dire, même s’il restait humain, il n’en demeurait pas moins Mangemort. Ce n’était pas le genre de vie qu’il voulait offrir à quelqu’un, encore moins à un enfant innocent. Saurait-elle un jour qui était son père ? Cara le lui expliquerait-elle ? Et dans ce cas, qu’en penserait la petite ? Lui ne l’aurait pas supporté, donner la vie alors qu’il avait du sang sur les mains. Souiller ainsi la réputation de quelqu’un, d’un enfant.

Il s’approcha de Keira et s’accroupit pour se mettre à sa hauteur. Baissant les yeux, il fixa un instant l’ours gisant sur le sol, un vague sourire au coin des lèvres, et il ramassa la peluche pour la redonner à la petite fille. Celle-ci le serra contre lui sans quitter Regulus des yeux, attendant une réponse à sa question.

« Elle est allée dans… Ah, je ne sais pas. Par cette porte, » répondit-il doucement tout en désignant ladite porte d’un geste de la main. Sa réponse fut immédiatement suivie d’une autre question.

« Pourquoi tu pleures ? Ça pleure pas, les garçons ! »
« Je ne pleure pas ! » s’offusqua-t-il gentiment. Ses prunelles sombres étaient simplement brouillées par un mince voile humide contre lequel il luttait. Des larmes de colère, colère contre lui-même plus que contre Cara, qui perlaient au coin de ses yeux. Larmes qu'il essuya de nouveau, définitivement cette fois, d"un revers de manche. « J’ai… quelque chose dans l’œil. »
« Mouais, » répondit-elle, pas convaincue.

Il se contenait autant qu’il le pouvait, ne désirant pas effrayer la petite, ni même l’inclure dans cette situation délicate. Il n’eut pas le temps de rétorquer quoi que ce fût, car elle tendit vers lui une petite main fine tout en disant d’un ton qui rappelait étrangement celui de sa mère :

« Bon, tu viens ? On va voir maman ? »
« Ou bien tu peux y aller toute seule… » A présent, il avait envie de partir d’ici. Fuir.

Elle ne sembla même pas entendre sa réponse, car elle lui saisit la main et l’entraîna vers la cuisine, son ours fermement serré dans son autre main.

« Maman ! Pourquoi t’as laissé le garçon tout seul dans le salon ? »

Croisant le regard de Cara, il ne put s’empêcher de lui lancer un regard d’excuse. Elle ne s’était sûrement pas attendue à ce qu’il reste, et à vrai dire, il n’était pas sûr de vouloir rester non plus.

« Elle ne m’a pas laissé, tu sais… J’allais partir. »

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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Dim 16 Nov - 0:10

- Elle n'était pas une " partenaire de détresse ", affirmait-il. Pourtant, c'était l'impression que la douce Jeune Femme avait à ce moment précis.
Non pas qu'elle considéra leur relation comme un habile calcul de la part de son Ami pour palier chacun à la solitude de l'autre. Ce qu'elle avait entendu par là étant qu'au fur et à mesure que leur relation se tissait, ils s'étaient trouvés un compagnon de lutte. De lutte contre eux-même. Cela n'avait pas de consonance négative, au contraire. Ce soutiens mutuel les avait aidé, l'un comme l'autre, à tenir malgré les méandres de leurs esprits torturés.

Quoi qu'il en soit, Cara n'avait plus envie de posséder ce statut-là aux yeux du Garçon. Elle ne voulait, ne pouvait plus être seulement l'amie qui le soutiendrait dans sa douleur. Aussi inconscient que ce fut.

Ce qu'elle lui fit largement comprendre après une longue tirade, bien qu'entre-coupée, ou elle lui faisait part de la véritable nature de ses sentiments envers lui et où elle ne se gêna pas pour lui intimer l'ordre de se taire. Elle avait laissé se déverser le flot de sa sincérité sans, pour une foi, se préoccuper des conséquences.
Etrangement, la Demoiselle en ressentit un profond soulagement. Plus elle s'exprimait, plus elle sentait son esprit se vider. Son estomac se dénouait et son visage, jusque-là crispé, se détendit petit à petit pour enfin devenir aussi serein que celui d'un pêcheur après une longue confession.

Elle ne s'aperçut donc pas du trouble profond de son Ami, ni de sa colère même s'il repoussa, lui aussi, la main qu'elle tendait vers lui.
Alors qu'elle achevait ses paroles, allant même jusqu'à l'envoyer vers une personne de confiance pour son histoire de rune, elle fit mine de quitter la pièce. Mais ce fut sans compter sur la main puissante de Regulus empoignant son avant-bras. Il lui jeta un regard mêlé d'incompréhension, de douleur et de hargne qu'elle ne lui connaissait pas. Elle eut un mouvement de recul tandis qu'il lui expliquait qu'il ne pouvait pas ne plus la revoir mais qu'il le ferait, si sa présence devait lui être douloureuse.

Elle le dévisagea un long moment, cherchant une réponse appropriée. Elle en déduit que dans ce genre de situation, sorte de rupture amicale où l'un se décide enfin à écrire le mot " Fin ", il n'y en avait pas. Pourtant, elle pesa chacun de ses mots. -



Que ressentirais-tu, toi, si tu m'aimais sincèrement et qu'il n'en soit pas de même pour moi ? Accepterais-tu de continuer à me côtoyer régulièrement alors que tu te consumes ? Serais-tu prêt à endurer une telle souffrance simplement parce que, malgré tout, je serai toujours à tes côtés ? Pardonne-moi d'avoir davantage d'amour-propre que ça !

Il est temps d'arrêter les mensonges, ne crois-tu pas ? Par contre, si une vie loin de ma présence te paraît insupportable, poses-toi des questions. Je veux dire, les bonnes. Une amie, une soeur, manque à l'âme. En revanche, elle n'empoisonne pas le coeur.

Mais peu importe, maintenant je te serais reconnaissante de me lâcher et puisque tu sembles comprendre mon point de vue, tu n'as plus qu'à sortir de chez moi pour aller ne te lier, à l'avenir, qu'avec des gens qui n'auront pas d'arrières-pensées. Etant donné que ceux qui ressentent plus de choses pour toi qu'une simple amitié semblent t'effrayer.


- Elle se dégagea vivement et enfin, put enfin se rendre dans l'autre pièce et se servir le verre qu'elle convoitait tant.
Coudes sur la table, elle prit son visage entre ses mains. Sa tête commençait à lui lancer horriblement. Résultat de plusieurs heures de sommeil délaissées au profit de tergiversations inutiles. Et peut-etre aussi, à une trop forte dose d'alcool.
Peut-être aurait-elle mieux fait de se taire et d'oublier toute la réalité de ce qu'elle ressentait. Sauf que pour le moment, elle était certaine d'avoir fait au mieux. Égoïstement, dans son intérêt. Pour une fois dans sa triste existence, elle avait voulu soulager un peu sa peine.

Naturellement, l'image d'une vie loin du jeune Black lui paraissait insupportable. Surtout après tout ce qu'ils avaient pu partagé, aussi bref ce fut-il. Mais elle l'aimait et lui non. A long terme, sa disparition serait bien moins douloureuse qu'une continuelle présence sans autre contact qu'une simple poignée de main et quelques banalités échangées. Elle espérait avoir moins de difficultés à l'oublier, ainsi ...

Perdue dans ses nouvelles pensées, l'esprit un peu embrouillé par le verre, elle n'entendit pas Keira descendre dans le salon et obliger le jeune Black à la suivre dans la cuisine où se trouvait sa Génitrice.

Cara releva la tête, une expression de surprise naissant dans ses iris embrumées. Sa petite fille se tenait sur le seuil, sa petite main tenant celle, bien plus imposante, de Regulus. Le regard accusateur, elle questionna sa mère. Pourquoi l'avait-elle laissé seul ? Peut-être parce qu'elle était persuadée que, échaudé par son attitude, il était parti ! Réponse qu'elle ne pouvait évidemment pas donner à l'Enfant. -



Keira, mon amour, qu'est-ce que tu fais debout à cette heure ? Allez, viens-là.


- La Directrice lui tendit les bras et sa fille vint se blottir à l'intérieur de ceux-ci, enfouissant son joli petit minois dans le cou de sa mère.
Regulus s'excusait, d'abord d'un regard puis il tenta une brève explication. D'un simple sourire, elle lui signifia qu'elle comprenait. Keira était du genre ... Persuasive.

Elle avait le caractère bien trempé d'une enfant ayant grandi rapidement. Elle n'avait guère plus de deux ans mais elle savait déjà bien des choses. Cara ne lui parlait que rarement de son père mais répondait à toutes les questions qu'elle lui posait, contournant tout de même sciemment celles concernant son métier. Plus tard, elle lui expliquerait. Mais pour l'instant, elle tenait à ce que la Petite garde son innocence que la vie ne lui retirerait que bien trop vite. -



Maman, t'as pas répondu ! Pourquoi il était tout seul ? Et pourquoi, toi, t'es là ? Vous vous êtes disputés, hein ?


- La Petite leva le nez vers l'Inconnu qui se tenait debout, non loin d'elle. Elle fronça les sourcils, le jaugeant des pieds à la tête. Puis, soudainement, elle sourit. Sourire franc et édenté d'un enfant qui vient enfin de mettre le doigt sur la réponse à une grande énigme antique. -



Tu es Reg', hein ? Maman elle dit que t'es quelqu'un de " phormmidale " - bafouilla-t-elle. Certains mots lui échappaient encore et " formidable " en faisait partie. - Elle dit qu'elle t'aime beaucoup et que des fois, tu lui fais penser à mon Papa. Que t'es quelqu'un de bien, comme lui !


- Avant qu'elle ne s'engage sur un terrain glissant en dévoilant des informations supplémentaires, Cara la fit taire. -


Ca suffit, mon amour. Laisse le Monsieur tranquille. Je t'expliquerai tout demain mais pour l'instant, je veux que tu retournes au pays des rêves. Maman viendra te faire un bisou tout à l'heure.


- Bien que boudeuse, Keira s'exécuta, sautant des genoux de Cara. Elle ne discutait que rarement les ordres de sa mère.

Elle s'apprêtait à sortir lorsqu'elle s'arrêta, fixant intensément le Jeune Homme. Elle tourna son minois vers lui, ses iris azurées diffusant une expression on ne peut plus sérieuse. -



Vous arrêtez de vous disputer, d'accord ? Maman elle dit aussi que les gens qui s'aiment, ils doivent pas se disputer, c'est pas bien !



- Toute ravie de son effet, la Gamine se retira, sautillant jusqu'à l'étage.
Une ange passa dans la pièce après son départ, Cara évitant soigneusement le regard de Regulus, si embarrassée que les mots restaient bloqués dans sa gorge. Enfin, elle réussit à articuler, dans un souffle. -



Tu as le droit de partir, à présent ...
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Regulus A. Black
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Dim 16 Nov - 1:56

[*sort les violons et va se taper la tête contre les murs XD*]

« Une amie, une sœur, manque à l'âme. En revanche, elle n'empoisonne pas le cœur. »

Ce n’était pas ce qu’il avait voulu dire, et il n’avait pas non plus souhaité paraître aussi brusque. La présence de Cara ne lui était pas vitale, et il savait que le temps aidant, la plaie laissée par son absence cicatriserait, tout en laissant une marque qui perdurerait. Non, le pire était de devoir la quitter pour autre chose que toutes les raisons qu’il avait pu imaginer jusqu’à présent. En venant ici, il s’était préparé à repartir avec comme dernière image de la jeune femme un visage empreint de colère et de dégoût, vis-à-vis de lui et de ce qu’il était. Il s’était attendu à ce qu’elle lui impute la disparition de son frère et qu’elle refuse de le revoir. Il s’était attendu à tout, sauf à cela. Devoir repartir d’ici et ne plus revenir, ne plus chercher à la revoir non pas à cause de ses propres erreurs, mais d’un concours de circonstances qu’aucun n’aurait pu prévoir, et encore moins contrôler. Il n’avait personne à qui s’en prendre, pas même lui-même.

« Etant donné que ceux qui ressentent plus de choses pour toi qu'une simple amitié semblent t'effrayer. »
« Non, vraiment ? » Cette réflexion avait piqué au vif son orgueil de Black, et son ton s’était fait plus acide. « Qu’est ce que tu crois ? Que le fait d’être venu à ton secours un soir fait de moi un preux chevalier qui peut tout affronter, à l’aise dans toutes les circonstances ? Je ne suis pas…

Je ne veux pas me reposer ni sur toi, ni sur qui que ce soit d’autre. Ce n’est pas dans ce sens là que ça fonctionne, et personne n’a à subir les conséquences de mes choix ou de mes actes, à part moi-même. Depuis deux ans, et même avant car on ne peut pas dire que mes camarades de maison étaient réputés pour la confiance qu’on pouvait leur accorder, je ne me suis pas autorisé à me lier. Par méfiance, et par crainte de m’attacher pour au final perdre tout ce que j’aurais construit. Je n’étais pas prêt pour cela.

Le fait est que je ne sais pas, Cara. C’est facile comme réponse, mais je ne sais pas. Je ne sais pas ce que ça fait d’avoir pleinement et totalement confiance en quelqu’un, ne rien cacher, ne rien retenir, ne plus avoir peur de voir l’autre me filer entre les doigts. J’ai appris à tuer avant d’avoir véritablement appris à…
» Aimer.

Il secoua la tête, préférant s’arrêter là. Ca ne servait à rien, à part le faire se couvrir de ridicule. Ses poings se serrèrent à en faire blanchir ses jointures. Aveu d’une lacune. D’une faiblesse. D’un manque d’expérience qui lui était pénible.

Peut-être qu’il se voilait la face. Peut-être. Mais présentement, ses pensées étaient trop confuses pour lui permettre d’éclaircir ses sentiments, et il fallait bien avouer que les réponses qu’il risquait de mettre à nu lui faisaient peur. C’était une chose de se lier d’amitié avec quelqu’un. C’en était une autre d’entamer une relation amoureuse. Cela nécessitait un engagement, une prise de risque dans laquelle il ne voulait pas se plonger. Pas immédiatement, pas tant que son esprit serait vulnérable aux assauts d’un legilimens chevronné.

Il aurait aimé partir dès que Cara s’était échappée vers la cuisine, mais d’un autre côté, l’intervention de Keira avait quelque chose d’apaisant. Cela les forçait tous deux à reprendre leurs esprits, ce qui était plus que nécessaire. Elle faisait preuve d’une candeur face à laquelle Regulus ne pouvait s’empêcher de sourire, et bien vite, le tourbillon de ses pensées s’apaisa. Elle n’en restait pas moins d’une perspicacité surprenante pour une enfant de son âge.

« Tu es Reg', hein ? Maman elle dit que t'es quelqu'un de “phormmidale”. Elle dit qu'elle t'aime beaucoup et que des fois, tu lui fais penser à mon Papa. Que t'es quelqu'un de bien, comme lui ! »

Sa gorge se contracta douloureusement, et il lui fallu quelques secondes pour la sentir se dénouer de nouveau, lui permettant ainsi d’articuler dans un souffle :

« Oh, tu sais, même en ressemblant un peu à ton papa, je ne crois pas que je pourrais un jour avoir une petite fille aussi jolie que toi. »

Il se serait senti mal à l’aise sous l’inspection plus qu’insistante de la petite, juste avant qu’elle ne quitte la pièce, si ses grands yeux bleus n’avaient pas dégagé une douceur malicieuse, entremêlée du sérieux qu’elle avait pris pour leur faire la morale.

« Maman elle dit aussi que les gens qui s'aiment, ils doivent pas se disputer, c'est pas bien ! »
« C’est vrai, ta maman a raison. »
« Bah oui. Maman elle a toujours raison, d’abord ! »

Un rire léger échappa au jeune homme, bien malgré lui.

« Bonne nuit, Keira.. »

Lorsque Keira eut de nouveau disparu, aussi vite qu’elle était venue s’immiscer dans leur entrevue, Regulus observa Cara du coin de l’œil. Puis, posant de nouveau son regard sur la porte de la cuisine, par où l’enfant s’était éclipsée, il ne put s’empêcher de murmurer pensivement :

« Elle a de qui tenir… Tu dois être fière d’elle. »

Les mots que Cara prononça ensuite lui firent l’effet d’une douche glacée qui acheva d’effacer ce bref instant de répit instauré par la présence de sa fille.

« Tu as le droit de partir, à présent ... »
« Et c’est ce que je vais faire. »

Il aurait préféré qu’elle le haïsse du plus profond de son être. Au moins, il aurait compris et n’aurait pas cherché à la revoir. Partir parce qu’elle l’aimait était plus pénible, et il ne savait plus comment agir. Il posa enfin ses deux billes sombres sur elle, et après un bref instant de silence, lâcha finalement :

« Prend soin d’elle… Et surtout, prend soin de toi. »

Sans chercher à ajouter quoi que ce fût d’autre, car il savait que plus les secondes passeraient, plus il lui serait difficile de partir, il fit volte face et sortit de la cuisine, pour refaire tout le trajet en sens inverse. Jusqu’à la sortie.

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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Dim 16 Nov - 4:04

[ On devrait monter un orchestre ... xD ]


- Alors qu'il enserrait toujours son bras, bien que la Jeune Femme tenta vainement de se dégager, le ton de Regulus commença à monter. Lui qui ne perdait jamais son sang-froid impressionna largement Cara qui fit cependant tout pour dissimuler son trouble.
Elle ne supportait pas qu'on porte la main sur elle, même avec un geste aussi léger que de lui étreindre le bras. De plus, les paroles qu'il prononça à son égard, se confiant avec une colère maladroite, firent monter en elle une véritable indignation. Ils ressentaient la même chose. Noyés dans des concepts, des principes inculqués dès leur enfance et qui avaient déterminé toute leur vie. On leur avait appris les bases. Toutes les bases. La vie, la mort, mais par l'amour. Ni de soi, ni de l'autre. Ils avaient donc avancé dans leur existence comme des pantins, refusant de déroger aux règles et résultat, à cet instant, ils se retrouvaient face à face, elle brisant ses chaînes et lui s'embourbant dans les siennes. Elle aurait voulu le secouer, lui dire de se battre, d'arrêter de se borner aux limites de son éducation et des déterminants qu'on lui avait imposé. Mais elle ne pouvait pas. Pas sans son consentement.

Pour toute réplique, elle lui envoya une gifle en plein visage. Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Elle n'avait jamais frappé personne. Enfin si, mais pas quelqu'un qu'elle estimait et surtout pas sans user de sa baguette. Elle en aurait été mortifiée si elle n'avait pas été aussi énervée. Cherchait-elle à lui faire reprendre ses esprits à lui ? Ou à elle ? Peut-être voulait-elle qu'enfin, il atterrisse et qu'il s'investisse dans la réalité.

La respiration sifflante, l'oeil noir, elle plongeait ses prunelles dans celles de son Interlocuteur.
C'en était trop. -



Mais bon sang, Regulus, dans quel monde vis-tu ? Tu te reposes sur tes acquis et tu t'imagines que je vais te plaindre, en plus de ça ? Te dire que je comprends tes réticences ? Ton comportement me navre profondément, je dois l'avouer ! Ta faiblesse d'âme est touchante, c'est vrai et je prends tes aveux comme un magnifique cadeau. Mais par pitié, grandis un peu !

L'amour ça ne s'apprend pas. On ne nous l'apprend pas. Ça se vit, ça nous tombe dessus tel un violent coup de poing. On ne sait pas quoi en faire, comment l'aborder et avant qu'on ait pu le fuir, on y est déjà enfoncé jusqu'au cou ! Alors oui, " tu ne sais pas ", moi non plus, " je ne sais pas " énormément de choses. Je ne sais pas pourquoi toi et pas un autre, je ne sais pas pourquoi tu es entré dans ma vie et pourquoi le simple fait que tu puisses en sortir me rende malade et surtout, surtout, je ne sais pas pourquoi, à cet instant alors que je viens de te frapper, j'ai envie de me blottir contre toi ! Je n'en sais résolument rien et pour tout te dire, je m'en moque !

Tu crois que j'apprécie ce qui m'arrive ? Tu crois que cela m'amuse de me retrouver face à toi à te déverser un discours digne des plus grands tragédiens grecs ? Non ! J'ai peur, je suis tétanisée même. Parce que ce n'est pas le moment, parce que c'est trop dangereux et parce que je partage tous tes doutes.
Mais le fait est là, la réalité, cette réalité perverse qui m'oblige à avouer, à m'avouer, que je t'aime !

Continue à faire de jolies cabrioles pour Voldemort, au nom de la pureté de ton sang. Oublie-moi. Oublie-nous. Et je t'en supplie, au nom de tout ce qu'il y a de plus sacré sur cette terre, fais-toi faire ce tatouage et sors de ma maison ! De ma vie !



- Et c'est furibonde, persuadée qu'elle méritait le coup qu'il aurait pu lui rendre, si gifle en retour il y avait eu, qu'elle s'était recluse dans sa cuisine.

Il était vrai que l'intervention de sa fille avait calmé quelque peu les esprits. L'atmosphère semblait plus respirable. Seulement, le répit fut de courte durée.
Même si avant, il lui dit " qu'elle devait être fière de Keira ", phrase à laquelle elle répliqua, qu'en effet, " cette enfant était la seule chose de bien qu'elle ait pu faire dans sa vie ", elle ne tarda pas, après un long silence, à lui signaler que s'il voulait, il pouvait s'en aller.

Cette dernière phrase était ambiguë. C'était une constatation, une porte qu'elle lui ouvrait et qu'elle espérait qu'il ne franchirait pas. Non, elle ne voulait pas qu'il s'en aille. La douleur du tréfond de son estomac la reprit.
Malheureusement, elle ne pouvait pas le retenir. Étant donné qu'elle lui avait demandé de s'en aller plusieurs fois. Et surtout, il ne devait avoir aucune envie de rester, après les événements de ces dernières heures ... Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle les dissimula entre ses mains alors qu'il lui demandait de prendre bien soin d'elle. Et de Keira, aussi.

Puis, le Jeune Homme se détourna afin de regagner l'extérieur. Elle ne dit rien. Ne fit aucun geste vers lui. Non pas par orgueil, comme on aurait pu le croire. Mais par soucis de leur bonheur à tous les deux. Ainsi que de leur sécurité.

Elle attendit quelques instants que la porte d'entrée claque pour enfin se lever. Il fallait qu'elle aille embrasser la Petite, c'était un rituel. Certaines habitudes ne devaient pas être changées, Regulus le lui avait bien fait comprendre.

Pourtant, malgré tout, elle se surprit à espérer qu'il n'était pas parti, qu'il l'attendait. Comme toute femme amoureuse, elle espérait qu'il ne l'avait pas écouté et qu'il se tenait toujours là, dans le salon ou dans l'entrée, incapable de l'abandonner ... -
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MessageSujet: Re: - Visite impromptue. - ( PV Reg' ) [ Sujet terminé ]   Dim 16 Nov - 16:32


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« Tu te reposes sur tes acquis et tu t'imagines que je vais te plaindre, en plus de ça ? »
« Je n’ai pas besoin de ta pitié ! » rétorqua-t-il avec un dégoût non dissimulé. Pas envers elle, mais envers ce simple mot. Pitié.
« Ton comportement me navre profondément, je dois l'avouer ! »
« Enfin ! Serait-ce un éclair de lucidité que je perçois dans tes paroles ? »

C’était cruel, et mesquin, mais la gifle qu’elle lui avait assénée avait réveillé ce côté indubitablement Serpentard qui sommeillait en lui. Il n’avait pas cherché à lui rendre ce coup, car il avait sûrement mérité ce geste, et qu’il ne porterait jamais la main sur une femme. Encore moins sur une amie. Ses ongles s’étaient enfoncés dans ses paumes, profondément, pour contenir cette révolte sourde qui grondait en lui et finirait par le noyer dans le courant de sa propre rancœur. Il écoutait ce qu’elle avait à lui dire sans chercher à se défendre. Ses mots lui faisaient mal, lui ouvraient les yeux sur une réalité dont il n’avait déjà que trop conscience, mais il n’en montra rien, dissimulé derrière un masque impassible. Seuls ses yeux trahissaient à la fois sa colère et sa douleur. Il voulait être désagréable. Inconsciemment, c’était ce qu’il recherchait. Lui ouvrir les yeux, à elle, lui montrer ce qu’il était vraiment. En espérant qu’elle cesserait d’éprouver ces sentiments à son égard. Son mépris serait plus facile à endurer que tout le reste. Elle s’était trompée sur son compte, c’était ce qui lui paraissait le plus plausible. Il était faible, il était torturé par ces problèmes qu’il s’était crées tout seul, et surtout, il était Mangemort.

« Je ne sais pas pourquoi toi et pas un autre. »
« Et moi, je ne sais pas si c’est toi ou bien une autre ! »

Son sang se glaça à peine ces paroles prononcées. Il n’aurait pas dû dire ça. Il n’avait pas prévu de dire ça ! Cette conversation entière n’avait pas été prévue, mais ça… C’était l’expression même de ces questions qu’il refoulait depuis de longues minutes. Cette unique question qui déversait en lui un torrent glacé d’émotions qu’il tentait de repousser. En lui avouant ses sentiments pour lui, elle venait de le jeter dans une spirale dont il ne pourrait se sortir que d’une seule manière : en faisant un choix. Quand il était plus naturel et simple de se contenter de l’amitié de Cara, ainsi que de celle d’Heide, sans chercher à analyser plus en détails ses propres états d’âme, elle le poussait à choisir, à se pencher sur la véritable nature de ses sentiments, ces sentiment qu’il éprouvait et pour elle, et pour la jeune allemande. Laquelle n’était qu’une amie ? Laquelle aimait-il vraiment, sincèrement, profondément ? Voilà quel était le problème ! Il n’en savait rien ! Il avait l‘impression d’être écartelé, et que la douleur l’empêchait de réfléchir correctement. Il était incapable de fournir une réponse claire à ce dilemme qu’elle venait de lui imposer. Il les aimait, toutes les deux. Mais à quel point ? Dans quelle mesure ? Comment faire la différence ?

« Fais-toi faire ce tatouage et sors de ma maison ! De ma vie ! »
« Ne t’inquiètes pas pour ça, tes petits secrets seront bientôt en sécurité. » Ce n’était pas une menace. Ce tatouage, il le ferait, et tout ce qu’elle avait pu lui révéler ce soir-là serait dissimulé, à jamais.

Partir. Il n’aspirait plus qu’à cela. Sortir de cette maison, se dérober à la présence de la jeune femme. Il l’avait laissée partir après cela, épuisé par la tournure qu’avaient prise les évènements. Etouffé par l’atmosphère qui régnait dans la pièce, même après la disparition de Cara dans la cuisine.

« Oublie-moi. Oublie-nous. » Cela avait été suffisamment clair, et il n’avait pas l’intention de lutter. Plus maintenant. Il ouvrit la porte, amorça un geste pour sortir, mais resta de longues secondes sur le pas de celle-ci, à fixer pensivement au dehors. L’air froid de la nuit venait de lui faire réaliser que dans sa hâte de s’échapper de cette demeure, il avait oublié sa cape, et il revint jusque dans le salon. Il attrapa le vêtement, qu’il posa hâtivement sur ses épaules. Dans l’encadrement d’une porte, Cara sortait de la cuisine. Une dernière fois, il croisa son regard et articula lentement.

« C’est un choix que je ne suis pas en mesure de faire maintenant. Et je ne te demanderai pas d’attendre que j’en sois capable. Bien au contraire. » Passe à autre chose. Oublie-moi. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, crois-moi. Ça t’attirerait plus de maux que de bienfaits.

Et cette fois-ci, sans se retourner, il sortit.

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