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 Two friends. One table. *Regulus

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Heide J. Westerlan
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MessageSujet: Two friends. One table. *Regulus   Sam 30 Aoû - 23:26

Du papier et de l'encre. Des lettres. De vieilles lettres, écrites d'une main de maître. Un homme. C'étaient les seuls échanges épistolaires qu'elle prenait vraiment le temps de suivre. De faire suivre. De lire. D'écrire. De le vivre... Elle esquissa un mince sourire à cette idée, posant sa plume et enfilant ses gants. Un vague regard, coup d'oeil rancunier et honteux à ses poignets, marqués d'une toute autre manière que les mangemorts, dont faisait partie un de ses amis. Proche, même. Regulus. Qu'allait-il devenir, à le suivre Lui? Comment pourrait-il rester lui-même, jusqu'à la fin? Elle craignait en secret que le Lord ne pervertisse son esprit. Ses idéaux. Ses réels idéaux. Parce qu'inévitablement, qu'il le veuille ou non, ça la marquerait elle. Forcément. Ils étaient liés au-delà de l'amitié. Peut-être parce que leur amitié n'était pas comme les autres, justement. Atypique. Dangereuse. Belle. Pure. Secrète.

La fin d'après-midi était fraîche. Mais lourde. Comme l'ambiance de crainte, d'angoisse et de haine qui s'installait doucement, sournoisement, dans la communauté sorcière. Heide ne cherchait pas de coupable à cela. Que ce soit le Lord? Ce 'Seigneur' auto-proclamé, 'des Ténèbres'? Il y en aurait eu un autre. Un jour ou l'autre. Grindelwald n'avait-il pas, il y avait de çà quelques dizaines d'années, fait régner la terreur par delà les frontière de l'Allemagne? ... Et ses parents. Monsieur et Madame Westerlan... qui l'avaient sans doute soutenus. Jusqu'à la fin...

Elle poussa la porte. La même qu'elle avait passé, il y avait... quoi? Plus d'une année? Longtemps. Peut-être même trop, si l'on prenait en compte le fait qu'ils ne soient pas du même camp. Lui mangemort. Et elle? Ici, l'on mettait plus d'un orteil dans l'ambiguïté. Elle ne défendait pas le Lord. Mais n'avait, jusqu'ici, manifesté aucune haine envers lui. Comment faisaient-ils, alors? Ils n'en parlaient pas. Jamais. Rien, même pas une simple allusion, à ce qui commençait gentiment à séparer la communauté sorcière, pour la faire baigner dans le sang. Rien n'avait changé. Toujours aussi sombre, mystérieux, à l'image de son tenancier. Elle alla s'asseoire d'une pas tranquille, sûr, à une table. Celle du fond. La sienne. Celle où ils avaient commencé à se parler pour la toute première fois. La table qui avait été témoin de leur amitié naissante, des dangers et des secrets dont elle était tissée, et des dégats horrifiants qu'elle pourrait causer.

« Reg'?»

Un murmure. Un supplice. Encore. Un mince sourire qui s'élargissait vaguement. Des fragments mélancoliques aux commissures de ses lèvres rosées. Ses mains gantées qui se joignaient avec appréhension et impatience. Car ces deux sentiments étaient toujours entremêlés, indissociables, lors de leurs rencontres. Rien n'était sûr. C'était angoissant. Et en même tant, elle adorait l'imprévu...
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Regulus A. Black
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Dim 31 Aoû - 0:03

__Je ne suis pas quelqu'un de bien.

__C'était ce qu'il lui arrivait de penser lorsque les méandres de ses pensées le menaient à Heide. Il avait cette marque à l'avant-bras, alors que la peau diaphane de son amie était encore vierge. Pure. Son existence à elle n'avait pas encore été dévastée par la guerre, du moins pas autant que lui, pensait-il. Ils n'en parlaient jamais, ils n'évoquaient jamais la guerre, le Lord, les résistants, parce qu'ils savaient tous deux qu'ils n'étaient pas du même monde. Et pourtant, il le savait, il n'était pas quelqu'un de bien. Il avait peur de l'entraîner avec lui dans sa déchéance. Il avait peur de les entraîner, tous, les rares auxquels il tenait. Heide. Cara. Ça ne pouvait pas bien finir, c'était impossible, et pourtant, il n'arrivait même pas à se détacher de ces personnes. Il avait l'impression de se raccrocher à elles comme un naufragé s'accroche à tout ce qui pourrait le maintenir à la surface. Au risque de les entraîner avec lui vers le fond. Cette conscience qu'il avait des conséquences était douloureuse.

__C'était même insupportable. Mais tout seul, c'était encore pire.

__Il ne leur demandait rien. Il ne leur parlait pas de ce combat intérieur. Il se contentait juste de vivre à leurs côtés, comme si ce simple fait eût été capable de préserver une trace d'humanité en lui. C'était vrai, ça l'empêchait de sombrer. De perdre le contrôle. Le prix qu'il aurait à payer lui importait guère. Mais cette peur glaçante qu'il avait de les voir se perdre à cause de lui, c'était pire que tout. Pour la première fois de sa jeune vie, il comprenait ce que c'était. Se préoccuper des autres, se demander comment ils vont, redouter de leur faire du mal. Il n'avait jamais vraiment connu ça. Pas à ce point. Il s'était toujours moqué du tort qu'il pouvait causer à ses camarades, à Poudlard. Et à présent, la simple idée de leur faire du mal, par ce qu'il était, à cause de ses erreurs, faisait gronder une colère sourde mêlée de révolte dans tout son être. Grâce à elles, il restait humain. Grâce à elles, il s'efforçait chaque jour de devenir un peu plus fort. Il s'imaginait qu'en étant plus fort, les risques qui pesaient sur ses fréquentations seraient amoindris.

__Était-ce réellement possible ?

__Le Repaire, ce bar qui le rattachait encore un peu plus à cet univers malsain dans lequel il évoluait, était ouvert depuis quelques heures seulement. Deux ou trois clients étaient installés à des tables, mais le calme régnait dans la salle. Ces gens-là n'étaient pas des partisans. Pas à cette heure-ci de la journée. C'étaient pour cela qu'ils étaient là, parce qu'ils savaient qu'ils ne risquaient pas grand chose à cette période de la matinée, et ce fut probablement pour cela aussi qu'Heide pénétra dans le pub silencieux. Regulus, accoudé au comptoir en lisant un exemplaire de la Gazette, releva les yeux pour voir la jeune femme se diriger vers la table du fond. Sa table. C'était assez drôle, d'ailleurs, car personne d'autre ne s'y installait jamais, sauf lorsque l'endroit était véritablement bondé. A croire qu'elle avait jeté un sort aux chaises pour repousser les clients. Un petit sourire étira les lèvres du jeune Mangemort à cette pensée. Elle avait toujours les mêmes gestes. Elle s'installait, croisait ses mains gantées en un geste qu'il avait de prime abord cru nerveux. Quelque part, c'était à peu près ça, mais il avait appris à y déceler autre chose aussi. Nerveuse, peut-être l'était-elle lorsqu'ils se rencontraient, et il ne pouvait quant à lui prétendre qu'il était totalement décontracté lors de ces entrevues. Mais elle ne simulait pas ce plaisir qu'elle avait de discuter avec lui, tout comme il ne cherchait pas à dissimuler cette infime lueur de soulagement dans son regard. Ce soulagement de voir qu'elle finissait toujours par revenir le voir, malgré les risques dont elle était - sûrement - pleinement consciente.

__Il fut sorti de ses pensées par son nom, qu'elle appela dans un souffle. D'un mouvement souple, il contourna le comptoir et se dirigea tranquillement vers elle. Arrivé à sa table, il ne s'y installa pas, pas tout de suite du moins. Un bref hochement de tête, et un murmure.

__« Heide.. »

__Puis, un peu comme pour faire durer encore un peu le plaisir de pouvoir entamer une conversation avec elle, il demanda :

__« Que puis-je te servir aujourd'hui ? »

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Heide J. Westerlan
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Dim 31 Aoû - 22:09

« Heide.. » Il lui parlait toujours très gentiment. D'une manière douce, comme pour la rassurer. Il était vrai qu'elle avait plutôt de quoi être inquiète. Si Reg' s'imaginait déjà comme un naufragé, se raccrochant du mieux qu'il le pouvait à elle comme à une bouée pour ne pas sombrer, Heide n'en menait pas plus large. C'était égoïste, au fond. Car s'angoisser du devenir du jeune homme, et de leur relation, c'était s'angoisser pour elle. Ils étaient liés. Peut-être trop, s'était-elle dit, quelques fois. Mais il ne pouvait en être autrement. C'était trop tard. Essayer de se quitter, à ce jour, maintenant, n'auraient qu'une seule et funeste conséquence: les faire sombrer tous les deux. Plus vite. L'Allemande releva doucement la tête vers le barman. Etrangement, elle comprenait le fait qu'il soit devenu mangemort. Il ne lui avait jamais parlé du pourquoi du comment, des circonstances exactes de son entrée dans les rangs du Mage Noir, mais Heide comprenait. Sa famille, pour ce qu'elle en savait, mettait les Sang-Pur sur un piédestal, reniant carrément certaines 'tâches' à leur palmarès. Un frère, Sirius. Elle ne le connaissait pas, ou tout juste à travers les quelques mots de Regulus. Et il était allé à Serpentard, la maison de son maître. La maison des trois quarts des partisans de celui dont, bientôt, on n'oserait plus prononcer le nom. Et puis, le pouvoir, bien sûr. N'importe qui a une fois au moins, rêvé d'être tout-puissant. De pouvoir choisir sans se tarrauder l'esprit avec les éventuelles conséquences. La liberté grisante, sans doute, de pouvoir décider pour les autres. Ce à quoi les laquets du Lord n'auraient jamais vraiment droit. Ils n'allaient que vers une chose: la prison. Que ce soit celle d'Askaban, où celle instaurée par leur maître. Une emprise sans limite. On entre, mais on ne sort pas. Pas vivant, du moins. Jamais. .. Jamais?

« Que puis-je te servir aujourd'hui? » Il était jeune. Toute une vie devant lui. Une existence qui s'annonçait mouvementée. Et peut-être courte; elle le redoutait. Ou trop longue, s'il devait la passer derrière les barreaux. Mais ça ne le rendait que plus beau. Cette jeunesse abolie, pour... Pour quoi? Une cause. Des convictions. De l'ambition mêlée à de la haine. Une certaine duperie de la part de Voldemort, sans doute. Des idéaux, fragiles mais bien là. Quoi qu'on puisse en dire, Heide le trouvait d'un courage extrême. Presque stupide, si l'on y réfléchissait un peu, mais ô combien magnifique. L'Allemande n'était pas sûr de l'avoir, cette hardiesse-là...

« Un café, si tu sais le faire. .. Enfin. » murmura-t-elle avec sourire amusé.

Ce n'était qu'en de rare occasion qu'elle buvait autre chose que ce stimulant. Elle y était accro. Droguée, mais ne l'avouait pas. Ou que difficilement. Cela faisait partie de son charme, après tout. Elle avait moins fer dans le sang que de caféïne, et ne carburait qu'à ça. Infecte ou non, elle finissait toujours sa tasse. Son péché mignon? Le café viennois. C'était le Palladium du café, le must. Avec un peu de chocolat, de la crème à s'en étouffer, c'était un délice. Un pur délice.

Une de ses mains gantée passa dans ses cheveux, enlevant une mêche qui lui retombait sur le visage. Heide n'était pas de ces filles sur qui l'on se retournait parce qu'elles étaient belles à mourir, mettait des tenues suggestives, ou avait certains... atouts. Elle, elle avait cette beauté sauvage. Pure. Indomptable et glacée. Elle ne souffrait pas d'artifices, si ce n'étaient ces sempiternelles paires de gants. Jamais elle ne s'en séparait, ormis chez elle, lorsqu'elle était seule. La honte, surtout. Mais une certaine rancune aussi. La haine. Froide. Grisante. Horrifiante. Ce qu'elle craignait et avait peur de dire. Des souvenirs... de simples souvenirs, à présent, et pourtant... Ils étaient toujours là, inscrits douloureuseuement dans sa chair.

« Tu as un peu de temps pour moi? Je ne te dérange pas, j'espère? » demanda-t-elle gentiment, en jetant un vague coup d'oeil aux autres clients.

De toute évidence, ce n'était pas encore la clique des mangemorts. Elle ne restait pas jusqu'à ce qu'ils arrivent, mais savaient bien qu'avec la Tête de Sanglier, le Repaire était un endroit de rêve, pour eux. Les clients, à cette heure-ci, il n'y en avait que deux-trois. Perdus dans leurs pensées et dans leur verre, ils n'avaient, visiblement, même plus la force de laisser traîner une oreille indiscrète du côté de la table du fond. Il n'était donc, de toute évidence, pas occupé. Du moins pas par eux. Et tant mieux car ce n'était pas de cela, qu'elle parlait. Une brève allusion. La jeune femme attendait juste une réponse. Un oui ou un non lui suffisait amplement. Elle ne voulait pas en savoir plus. Les rendez-vous de Regulus et ses occupations avec ses amis -l'étaient-ils vraiment?- mangemorts, elle préférait ne même pas en avoir conscience. C'était mieux comme ça, ils le savaient tous les deux. Peut-être que c'était justement le fait précis d'éviter de parler de ce 'tabou', qui faisait perdurer leur amitié si particulière? Sinon, comment diable un mangemort et une future membre de l'Ordre -bien qu'elle n'en sache rien pour le moment- auraient pu avoir autre chose qu'une relation hostile?..
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Regulus A. Black
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Lun 1 Sep - 0:58

[Je dois te dire que j'adore littéralement ton style. *__* Ça ne fait que commencer, mais c'est déjà un véritable plaisir de faire un sujet avec toi. ^^]

__Il ne cherchait pas à la rassurer en lui parlant avec douceur. Pas uniquement. Il cherchait à se rassurer lui. Comme pour se prouver qu’il savait encore montrer ses sentiments. Lui montrer qu’il était heureux de la voir. Que leurs conversations lui plaisaient. Que sa compagnie lui était agréable. Chercher à la rassurer, elle, aurait été admettre qu’elle s’inquiétait pour lui. Et cela, non seulement il n’y était pas habitué, mais il le refusait. Le fait que ses décisions, ses choix, ses erreurs aient suscité l’inquiétude de la jeune femme était intolérable. Il se demandait parfois s’il était normal, car au fond, les relations humaines lui semblaient compliquées. Il était compliqué.

__Reconnaître qu’il appréciait Heide n’était pas si ardu, mais accepter que cela soit réciproque était plus difficile. Le rapport qu’il avait avec lui-même était difficile en soi. Vivre avec lui-même… Alors qu’il savait ses torts, qu’il savait le sang qui avait maculé ses mains, constatait la déshumanisation à laquelle le Lord le soumettait un peu plus chaque jour. Les soumettait tous. Il aurait été quelqu’un d’autre, quelqu’un de fondamentalement différent, il savait qu’il n’aurait pu vivre avec lui-même. Il se serait même profondément méprisé. Alors… laisser la jeune femme apprécier sa compagnie. Était-ce un mensonge ? Lui mentait-il, en lui faisant croire qu’il était plaisant, ou aimable ? Était-ce une trahison de la laisser le côtoyer sans lui dire ce qu’il était ?

__Il était certain qu’elle savait. Il lui semblait que beaucoup s’en doutaient – et il n’avait jamais rien fait pour nier les accusations qu’il lisait dans leurs yeux – mais elle, il savait qu’elle en était consciente. Qu’elle lui avait accordé son amitié en connaissance de cause. Et pourtant. La simple idée qu’elle put prendre un tel risque en étant consciente des dangers qu'elle encourait, c’était tout simplement… inconcevable. Lorsqu’ils se séparaient, qu’il la voyait s’éloigner, il se demandait si ce n’était pas la dernière fois qu’il la voyait. Si, une fois chez elle, elle ne se rendrait pas compte de cette folie qui l’avait prise, celle de se lier à lui, accepter sa présence, la rechercher, même. Il se détestait pour cela, car il se rendait compte que c’était un manque de confiance. Confiance en qui exactement, il n’aurait pu le dire vraiment. En lui, très certainement.

__Tout comme il n’aurait pu s’apprécier, il n’aurait pas non plus été capable de se faire confiance, s’il avait été amené à se côtoyer. C’était assez étrange comme image, mais parfois, il avait tellement l’impression que c’était cela. Il vivait les évènements comme s’il avait été à l’extérieur de lui-même, spectateur de sa propre chute dans les profondeurs du mal. Il vivait ses mauvais choix, il subissait les conséquences. Passif. Non, pire que cela. Paralysé. C’était écœurant, cette impression de se regarder vivre. Comme si une entité bien plus puissante s’était mise en tête de lui renvoyer toutes ses erreurs. L’obliger à les voir et les regarder en face. Sentir une rivière de glace se répandre dans ses veines en se rendant compte qu’il avait franchi un point de non-retour. Seule la fuite aurait pu le sauver. Mais il avait cet orgueil démesuré des Black. Et jamais il n’avouerait qu’il s’était mépris sur toute la ligne. Encore moins que son frère aîné avait, peut-être, eu raison.

__« Je me suis entraîné, tu sais. Juste pour ne plus te voir grimacer à chaque gorgée. »

__L'amusement était perceptible dans sa voix. Il tourna les talons et se dirigea vers le bar, pour en revenir quelques instants plus tard avec un plateau sur lequel fumaient deux tasses, qu'il disposa sur la table. Pour sa part, il en était toujours resté à l'éternel chocolat chaud. Il n'aimait pas le café, mais le chocolat... Ah, c'était l'un de ses points faibles. Il le buvait généralement brûlant, incapable de se passer de ces frissons incontrôlables qui lui secouaient l'échine lorsque le liquide s'écoulait dans sa gorge, laissant des picotements presque douloureux sur son passage. Il s'était toujours fait disputer pour ça. Soit-disant que c'était mauvais pour la santé, de boire trop chaud. Mais, Merlin, un bon chocolat bien chaud... Il ne pouvait pas résister. Il n'essayait même pas, à vrai dire, et cédait faiblement à la tentation. Il s'installa finalement à la table, face à la jeune femme.

__À sa question, il regarda autour d'eux et répondit dans un souffle, bien que conscient que ce n'étaient pas les trois clients présents qui allaient épier leur conversation, vu l'état de léthargie dans lequel ils semblaient se trouver :

__« Comme tu peux le voir, je suis on ne peut plus disponible. »

__Il laissa quelques secondes de silences s'étirer entre eux, puis ajouta :

__« Et je ne perdrais pas une occasion de discuter avec toi. »

__Un rappel. Non, une affirmation, implicite et éloquente à la fois. Il trouverait toujours un moyen de s'arranger, si c'était pour passer un moment en sa compagnie. Une promesse qu'il aimerait pouvoir tenir tout le temps, même en dehors des heures d'ouvertures du Repaire. Même lorsque son avant-bras le brûlait, et que le serpent se mouvait sur sa peau avec une grâce insolente. Léger frisson. Portant le breuvage chaud à ses lèvres, il en avala une gorgée, observant toujours le visage de la jeune femme.

__« Alors ? » interrogea-t-il avec un sourire. « Sur quoi travailles-tu, en ce moment ? »

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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Lun 1 Sep - 13:04

[Mais c'est réciproque =)! J'adore la façon dont tu joues un Regulus torturé à ce point! xD]

Elle ne s'était jamais vraiment demandé comment c'était possible. En y réfléchissant, leur relation n'avait pas lieu d'être. Un Mangemort et une femme qui ne l'était pas. Impossible, aurait dit n'importe quel idiot. Mais non. C'était tombé sur eux. Oh, peut-être n'étaient-ils pas les seuls dans ce cas, mais leur amitié avait tout de même quelque chose d'extraordinaire. Déjà du fait qu'elle soit contre nature, mais aussi parce qu'ils la vivaient au grand jour, au jour le jour, même. C'était suicidaire. Inconscient. Mais l'Allemande ne s'en offusquait pas. Au contraire, ça ne rendait la chose que plus intéressante, de son avis. Et puis.. mourir pour ça, serait-ce vraiment si douloureux?

« Je me suis entraîné, tu sais. Juste pour ne plus te voir grimacer à chaque gorgée. » Peut-être qu'il ne se voyait plus comme entièrement humain. Au fond, il y avait sans doute un peu de vrai là-dedans; à force de côtoyer le Lord, Reg' devait bien changer, un peu au moins. Inévitablement. Mais Heide n'y croyait qu'à moitié: l'amusement qu'elle percevait dans sa voix calme et mesurée montrait bien qu'il n'était pas devenu une bête. Il n'avait pas encore atteint, pensait-elle, ce sens de l'humour qui consistait à rire en tuant une famille, en torturant des gosses... Et puis, il buvait du chocolat chaud. Il ne pouvait pas être déshumanisé. Du moins, pas entièrement...

« Tu remarqueras que je finissais tout de même ma tasse. »

Même en grimaçant, elle buvait son café jusqu'à la dernière goutte. Aller demander aux sorciers accro aux potions euphorisantes: même si elles n'étaient pas très réussies, ils les prenaient quand même. Pour elle, c'était exactement pareil, mais avec du café. Bouillant ou froid, bon ou mauvais, elle en avait besoin. Peut-être même autant que de voir Regulus de manière relativement régulièrement. Elle était accro. A peu de chose, mais tout de même.

Prenant sa tasse sans en sentir la chaleur, elle en but quelques gorgées, traçant dans son eosophage des traînées brûlantes et souffreteuses. Ne pouvant se résoudre à enlever ses précieux gants pour sentir encore plus le liquide bouillant, elle remonta vaguement sa manche, collant un bref instant la peau nacrée de son avant-bras contre la porcelaine. Bête réflexe que de retirer son bras de ce contact malsain. Mais elle adorait cela. Voir que son corps pouvait encore fonctionner sans qu'elle ne le désire vraiment. Que son inconscient était toujours aussi alerte. Sentir. Les sensations perdues, elle ne savait pas ce qu'elle deviendrait. Une chose était sûre, elle ne serait plus elle-même. Peut-être deviendrait-elle spectatrice de sa propre vie. De l'existence stérile et horrifiante. .. Comme Regulus. Heide ne s'en doutait pas. Ou du moins, n'abordait pas le sujet, même avec sa conscience. Elle en aurait pleuré, sans doute. Elle aurait eu mal. Elle se serait sentie inutile, défaite. Perdue. Comme un échec. Terrible échec. Celui de voir un ami, même plus qu'un ami, s'enliser dans un destin préfabriqué, où il n'aurait pas son mot à dire. Comme pour traduire ces quelques secondes de réflexion intense et douloureuse, sa bouche s'était crispée en une moue presqu'écoeurée. C'était cela, oui. De l'écoeurement. Vis-à-vis d'elle. Même si l'idée de réagir, d'essayer de dissuader Regulus de suivre cette voie sur laquelle il s'était engagé, la répugnait, elle ne pouvait s'empêcher de penser que, à le laisser ainsi suivre ses idéaux -ou étaient-ce ceux du Mage Noir?, revenait à le laisser perdre pied. Gentiment. Jusqu'au jour où il tomberait. Et ne se relèverait plus. Elle se dégoûtait, par moments. Un écoeurement malsain et torturé, qu'elle s'efforçait de renvoyer à plus tard... Une épée de Damoclès. Une lame glacée qu'elle repoussait faiblement, pour mieux se laisser transpercer plus tard. Seule.

« Comme tu peux le voir, je suis on ne peut plus disponible. » Il avait dit ça dans un murmure, suffisament audible pour faire revenir Heide à la réalité. Elle en avait presqu'oublié sa question, mais revint bien vite au court des événements, lent mais discontinu. « Et je ne perdrais pas une occasion de discuter avec toi. » Elle le regarda plus intensément. Sa bouche s'entrouvrit et se referma, sans réussir à articuler le moindre mot. Toujours silencieuse, elle prit une main de son ami, et y déposa un baiser. Refermant les doigts de Regulus dessus, elle esquissa un mince sourire:

« Garde-le pour quand je ne serai pas là; ça peut toujours servir d'avoir un peu de tendresse au creux de sa main... »

Non qu'elle ne pense être la seule personne, mangemorts mis à part, proche du jeune Black. Heide se doutait bien, ou plutôt espérait, ne pas être la seule. Cependant, elle était sûre qu'avec ses collègues, il n'aurait jamais droit à ce genre d'effusion. Ils n'étaient pas tous comme lui, après tout. Et si elle ne voulait pas le voir devenir comme la majorité, il fallait bien ça: lui montrer -prouver serait peut-être plus exact- qu'il était bien plus humain qu'il ne le pensait. Que cette amitié, il la méritait. Et surtout, que dehors, quelque part sur cette Terre, quelqu'un l'attendait. Et l'attendrait toujours. Elle...

Lâchant sa main pour reprendre sa tasse, elle ne le quittait pas du regard, laissant le breuvage chaud couler lentement le long de sa gorge. Il ne s'en doutait pas, mais au fond, il était peut-être même plus humain qu'elle, pensa-t-elle avec un certain... trouble. « Alors? Sur quoi travailles-tu, en ce moment? » Mince sourire. Indéchiffrable.

« La Ministre a réquisitionné mes services pour une traduction. J'ai rendez-vous avec elle dans trois jours, je crois. Et un article pour le mensuel de la métamophose, sur je ne sais plus quel sujet.. » commença-t-elle avec un haussement d'épaules. « Et puis, je fais quelques recherches sur la métamorphose dans la Magie Noire, et Blanche. Mais pour ça, il faudrait que je retourne en Allemagne. Ce qui m'obligerait à aller voir mes... parents. » termina-t-elle un peu maladroitement. « Ce qui ne me réjouis pas spécialement, à vrai dire. »

Elle s'efforçait de sourire, néanmoins. C'était comme un masque à garder, par moments, pour ne pas perdre la face... Ses parents.. Des connaissances, rien de plus. Elle ne leur pardonnerait jamais vraiment. La rancune puérile et naïve. Oui, mais elle ne pouvait pas l'empêcher de persister, malgré les années.

« Et toi? Tu vas bien? »

Une question d'apparence anodine, mais qui, au fond -et ils le savaient tous les deux, avait toute son importance...
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Lun 1 Sep - 23:01

_« Tu remarqueras que je finissais tout de même ma tasse. »

_« C'est vrai, » concéda-t-il de bonne grâce. « Je ne peux pas t'enlever ce mérite. »

__Son regard se perdit sur les mains de la jeune femme, qu'il avait toujours vues gantées. Naturellement, ce détail avait soulevé beaucoup de questions qui étaient demeurées sans réponses. Dans un premier temps, il avait cru que c'était tout simplement un caprice de mode qu'Heide avait adopté, et il avait relégué ses interrogations dans un coin de son esprit. Mais, le temps passant, il avait fini par se rendre compte qu'elle ne les ôtait jamais. Ou plutôt, qu'elle refusait tout prétexte pour les retirer, comme elle venait de le faire à l'instant. Elle aurait pu les enlever pour sentir la chaleur de la tasse sur sa paume et sur ses doigts, mais non, elle avait gardé ses mains dissimulées pour simplement plaquer la fine peau de son poignet contre la porcelaine brûlante. Les lèvres du jeune homme s'entrouvrirent légèrement, prêtes à laisser échapper une question irréfléchie qui le taraudait, mais il se ravisa, et noya son interrogation dans le liquide chocolaté de sa tasse. Non. Il ne lui poserait pas de question. Pas par peur d'être indiscret, non, il faisait confiance à Heide pour le remettre à sa place s'il franchissait des limites qu'il n'avait pas perçues. Non. Simplement par crainte de briser cet accord tacite, ce tabou établi entre eux depuis le début. Jamais évoqué mais continuellement présent. La peur que ces gants aillent de pair avec une réalité que tous deux ne voulaient pas évoquer. Réalité qu'ils sentaient entre eux, aussi clairement qu'une lame de rasoir prête à trancher ce fil d'amitié qui se tissait un peu plus à chacune de leurs rencontres. Un bref instant, il se demanda si ses mains possédaient des marques qu'elle devait à des Mangemorts. Encore une question à laquelle il ne chercherait pas de réponse.

__Une légère grimace s'appliqua sur les traits de la jeune femme et, machinalement, il lança un regard à la tasse de café qu'il lui avait préparée. Était-il si peu doué lorsqu'il s'agissait de préparer un café à son amie ? Pourtant, lorsque ses yeux remontèrent pour scruter le visage d'Heide, il comprit que cette moue fugace n'était pas son œuvre. Elle avait le regard dans le vague, plongée dans des pensées dont elle seule connaissait l'objet. Et un simple café ne méritait pas tant de réflexions, il en était certain, même si c'était lui qui l'avait préparé. Il eut un instant l'envie de lui demander à quoi elle songeait en cet instant, mais une fois de plus, une partie de lui redoutait la réponse. Et quand bien même il se serait jeté à l'eau, prenant le risque de faire voler en éclats des semaines alimentées d'espoir et de sourires, elle ne lui en laissa pas le temps. Il sentit les doigts de la jeune femme se refermer sur son poignet, et tous les mots qu'il aurait pu prononcer moururent dans sa gorge, étouffés par ce soudain nœud qui s'était formé à l'intérieur. Le contact était... étrange. Inhabituel. Nouveau. Pas désagréable, ni froid, ni même vraiment chaud. Doux, mais c'était dû en partie, il le savait, au tissu de ses gants qui enserraient délicatement sa peau.

__Et finalement. Ses lèvres au creux de sa main. Ça ne dura qu'une fraction de seconde, un infime moment dans toute une vie, et pourtant, il eut l'impression de voir les images se décomposer sous ses yeux. Incapable de réagir. Incapable de penser. Il avait juste conscience. Conscience du contact de ses doigts autour de son poignet, et de sa bouche contre sa paume. Éphémères, mais qui semblèrent se graver dans sa chair en marques incandescentes. C'était dans ces moments qu'il réalisait à quel point il était jeune et inexpérimenté. Incapable de se débrouiller avec aisance dans les relations qu'il entretenait. Comme un animal farouche et effrayé qui se trouvait sur un territoire nouveau, étranger, mais donc l'apparence était pleine de promesses qu'il aurait aimées croire sur le champ. Jamais il n'avait eu droit à ce genre de contact. Ces marques de proximités lui étaient étrangères, car ses parents n'avaient jamais été expansifs, et quant à lui, il n'avait jamais osé se les permettre avec qui que ce soit. Timide et gauche comme il l'était... Le geste d'Heide ne soulevait aucun doute quant à ses intentions, car il savait, comme elle venait de le lui murmurer, que son seul but était de lui prouver son attachement. Lui permettre de garder un peu d'elle avec lui, même quand elle n'était pas là. Mais il ne savait pas comment réagir. Ce qu'il était censé dire, ou faire. C'était nouveau et, par conséquent, déroutant. Mais aussi troublant que ce fût, il était conscient de cette chaleur qui se répandait en lui, et qui n'avait rien à voir avec le chocolat chaud. Cette espèce de... soulagement. Bien-être. Espoir. Machinalement, lorsqu'elle libéra sa main, il garda le poing soigneusement fermé sur cette marque de tendresse et le glissa sous la table, comme pour le préserver des regards. C'était à lui. Cela lui appartenait, elle venait de le lui offrir. Et il souhaitait le garder, jalousement. Un sourire, plus timide.

_« Merci. »

__C'était tout ce qu'il avait pu trouver, et tout ce que le noeud dans sa gorge lui avait permis d'articuler, mais il était certain qu'Heide comprendrait la mesure de sa gratitude, aussi simple qu'eusse été son geste. Était-elle consciente de ce que cela représentait pour lui, cette marque d'affection, ou bien avait-ce été totalement aléatoire et irréfléchi ? Irréfléchi, sûrement. Mais il lui semblait que la jeune femme avait un esprit bien trop aiguisé pour ne pas se rendre compte que, quelque part, c'était une chose dont il avait toujours eu besoin. L'occasion de pouvoir transporter un peu d'espoir au creux de sa paume, et de n'avoir qu'à ouvrir le poing pour en profiter. Aux yeux de beaucoup, ça ne représentait sûrement rien, à part une foi puérile en un geste dégoulinant de romantisme. Mais pour lui... c'était un peu de sa force qu'elle venait de lui transmettre, même si, pour le moment, ses pensées étaient trop confuses pour qu'il fusse capable de s'en rendre compte. Il s'efforça de se concentrer sur ce que la jeune femme lui disait, et ce afin de se remettre les idées en place. A mesure qu'elle parlait, il sentait le nœud de sa gorge se délier et rapidement, il se sentit capable d'articuler plus de trois mots en ayant une voix normale. Reprendre contenance, il était assez bon pour ça. Un léger froncement de sourcils creusa quelques plis sur son front, et la question lui échappa avant même qu'il ne l'eut véritablement formulée en lui-même :

_« Tu... tu es en conflit avec eux ? »

__A défaut de se mordre la lèvre, il but une gorgée de chocolat pour essayer de faire taire cette petite voix désapprobatrice qui lui hurlait qu'il aurait mieux fait de garder sa question pour lui. Mais visiblement, le trouble auquel il avait été soumis quelques secondes auparavant avait eu raison de sa maîtrise, et il n'avait pu se retenir. Il secoua la tête et ajouta doucement :

_« Ah, tu n'es pas obligée de répondre. C'était indiscret. »

__Quelque part, il avait envie qu'elle réponde. Ou plutôt, il avait envie de savoir où se situaient précisément les limites de leur relation. Les limites de ce tabou instauré entre eux, à vrai dire. Où il commençait et où il s'arrêtait. Et pour cela, il fallait bien se risquer à quelques questions, même si c'était un jeu dangereux auquel il n'était pas sûr de vouloir se livrer bien longtemps.

_« Et toi ? Tu vas bien ? »

_« Je.. » Quelques secondes de silences. « Oui, » répondit-il avec un sourire. « Je crois que je vais bien. »

__Mieux, à vrai dire. Il allait mieux. Même s'il ne se confiait pas, même si ses problèmes restaient les siens, le fait de pouvoir partager des moments tels que celui-ci avec des personnes qui appréciaient sa compagnie autant qu'il appréciait la leur était... reposant. Agréable et rassurant. La solitude lui pesait moins, et il lui semblait parfois être plus léger. Pour combien de temps, il n'aurait su le dire, mais il avait attendu trop longtemps ces rayons de soleils pour ne pas en profiter en redoutant l'orage.

_« L'avantage de ce pub, c'est qu'en journée, j'ai du temps pour moi. Je crois que même à Poudlard, je n'avais jamais passé autant de temps à lire. C'est... agréable. »

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Heide J. Westerlan
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Mar 2 Sep - 23:34

Ses gants. Elle en avait une collection inimaginables, chaque paire étant adaptée, selon leur propriétaire, à une situation bien précise. Pas de jaune canaris pour un enterrement, par exemple. Tout comme, pas de noir en plein été, sous une cagna pas possible. Et devant ce défiler de matière, texture et couleur, Regulus n'avait jamais posé la moindre question. Du moins, pas à intelligible voix; car Heide se doutait bien qu'au fond, ça l'intriguait. Tous ses amis étaient dans le même cas, ses collègues, ses simples connaissances. Même ses parents. Mais bon, eux, c'était encore un cas à part. Reg', lui, avait toujours eu, jusqu'à aujourd'hui, l'élégance de taire ses interrogations. Contrairement à d'autres. D'un côté, l'Allemande aurait presque souhaité qu'il l'ensevelisse avec toutes ces questions dont elle était l'objet. Seulement voilà: elle n'était pas sûre d'être capable d'y répondre. Elle n'avait jamais expérimenté la chose.

Son baiser le surprit. Elle n'en fut pas étonnée. Du moins, pas plus que ça. C'était dans sa nature, elle le savait. Non habitué à quoi que ce soit, il fallait s'y faire. Et même si la condition bestiale de l'être humain lui permettait parfois les pires adaptations possibles, ce n'était pas toujours évident. De quoi, au fond? Rentrer dans le moule? L'Allemande n'était plus très sûre... Elle-même n'y était jamais parvenue. « Merci. » Elle plongea son regard dans le sien, sans ciller. Il y avait dans ses iris des tourbillons de sentiments, aussi confus qu'antagonistes. Certains faisaient surfaces, parfois, alors que d'autres se noyaient aux abysses de sa pensée. Elle avait un air calme, très doux. Et pourtant, l'on percevait toujours une certaine distance. Froideur. Angoisse? La peur de trop en dévoiler, sans doute. La peur de décevoir. L'échec avait quelque chose de paralysant, pour elle. Et ce qu'elle pouvait transmettre d'un simple coup d'oeil, aussi. Acquiessant gentiment, elle esquissa un mince sourire. Heureux. Franc. Vivant. C'était comme si des goutelettes d'un bonheur encore pur et intact se répandaient en une fine brumisation. Translucide. Invisible. Mais bien là.

« Tu.. Tu es en conflit avec eux? » Une lueur inquiétant s'alluma au fond de ses yeux. Pas méchante. Ni fâchée, d'ailleurs. Inconnue. L'inconnu faisait peur. Surtout lorsqu'on avait affaire à quelqu'un comme Heide. Parce qu'avec elle, l'inconnu était vrai. Pas à demi-dévoilé, pas attendu. C'était le néant. L'angoisse. L'appréhension. L'excitation. Ses réactions n'avaient parfois de logique que le sens qu'elle voulait bien leur donner. Elle avait sa propre vision des choses. Refusait de vivre dans un monde où elle ne se sentait pas à sa place. Elle voulait l'Absolu. « Ah, tu n'es pas obligée de répondre. C'était indiscret. » .. Elle ne l'écouta pas.

« Pas exactement. » commença-t-elle en se mordant la lèvre inférieur; elle n'en parlait pas, habituellement.

Comme par reflexe de survie, elle avala deux-trois gorgées de café, reposant sa tasse dans un bruit de porcelaine émaillée. Observant encore quelques instants le liquide onduler doucement sous ses yeux, elle finit par poursuivre, sans vraiment plus d'assurance qu'auparavant:

« Disons que je ne les ai jamais vraiment vu comme des parents. Oh, ils n'ont jamais vraiment été méchants avec moi, frapper ou je ne sais quoi d'autre... »

Mince soupire. C'était peut-être idiot, d'accord, mais c'était ainsi qu'elle voyait les choses. Et jamais elle ne pourrait le leur pardonner. Trop dur. Trop... marquant.

« Mais ils m'ont abandonnée. »

Silence. Elle avait lâché cela un peu brusquement, maladroitement même, à son goût. Mais bon... Le fait qu'elle en parle n'était-il pas, en soit, déjà assez exceptionnel comme cela?

« Depuis toute petite, je ne les voyais que très peu. Mais tous les jours, au moins. Souvent, j'allais en Ecosse, chez ma grand-mère. Lorsque j'ai eu dix ans, mes parents m'ont envoyé là-bas à pleins temps. Dès lors, nous n'avons plus fait que nous entrapercevoir. Nous croiser, comme des étrangers, en somme. »

Mince sourire. Amer. Et haussement d'épaules résigné.

« Au début, on s'écrivait un peu. Parfois, ils venaient même passer deux-trois jours de vacances avec nous. Et puis... les lettres ont fini par s'estomper... puis se perdre. .. Et ils n'ont jamais voulu que je vienne passer mes vacances à Münich. J'avais dix ans,j'étais fille unique, je ne parlais que trois mots d'Anglais, et ils m'ont abandonnée à mon sort. Un peu comme un jouet, dont on verrait plus l'utilité. Nous sommes des connaissances, rien de plus, Reg'. On s'envoie des cartes à Noël, lorsqu'on y pense. Aux anniversaires parfois, pour faire bonne figure, mais nous n'avons en commun que quelques traits de caractère et un nom. Je n'ai jamais rien partagé avec eux, alors... »

Elle lui avait demandé son propre état, à lui. Ce qui sembla le surprendre, étonnament. Il croyait aller bien. Il n'était pas sûr. Encore quelque chose pour qu'elle se fasse un mauvais sang; il était incorrigible. En journée, disait-il, il avait du temps pour lui. Il pouvait lire, notament. Ce qu'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de faire lors de sa scolarité à Poudlard. Mhhm. Heide hocha vaguement la tête, un murmure aux lèvres:

« La journée... »

Et le soir? Le soir, avait-il seulement du temps pour lui? Ou ne pouvait-il qu'avoir une seule occupation: servir le Lord. Etre à sa botte. .. Ne pas voir qu'on se servait de lui comme du pire des domestiques, alors qu'il valait beaucoup mieux que ça..? Mais encore une fois, elle ne pouvait se résoudre à lui ouvrir les yeux. Il avait ses raisons, comme elle avait les siennes. Et elle ne connaissait pas ses occupations nocturnes. Ne pas juger. C'était une des priorités, dans leur relation, si tous deux voulaient la faire durer. Parce que l'autre, ne savait pas forcément...

« Et qu'est-ce que tu lis de beau? » demanda-t-elle finalement, avec un sourire, l'air de rien. « La Gazette du Sorcier va changer de rédacteur en chef, dit-on. A cause du Ministère, tu penses? »

Terrain glissant. Mais grisant. Le risque avait un goût acidulé, sucré.. qui pouvait brûler, piquer, parfois. Mais irrésistible. Et puis bon, elle ne faisait que passer près du tabou, et n'entrait jamais vraiment dans le vif du sujet...
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Mer 17 Sep - 18:15

__« Disons que je ne les ai jamais vraiment vus comme des parents. »

__Il eut l'impression de s'entendre, de se reconnaître comme dans un miroir, à travers ces mots. Sauf que le miroir lui aurait renvoyé, non pas sa propre image, mais celle d'une jeune femme avec laquelle il lui semblait partager beaucoup de points communs, mais tout autant de différences. Cela n'avait pas toujours été le cas, mais à présent, il réalisait qu'il ne pouvait prétendre considérer ses parents comme... des parents. Ou alors, quel genre de parents laissaient leur progéniture s'engager dans une cause dangereuse et destructrice ? Ils avaient beau l'appeler « fils », Regulus savait qu'ils ne le voyaient pas comme tel. Ils ne l'avaient jamais vu ainsi. D'abord un simple cadet, puis un héritier destiné à effacer les erreurs de son frère. Ils n'étaient pas fiers de lui, mais de ce qu'il représentait pour les Black, l'honneur qu'il leur apportait, leur ambition qu'il servait. Plus jeune, c'était une distinction qu'il n'avait jamais été capable de faire et il avait cru, à tort, que ses parents étaient fiers de le voir marcher dans ce chemin qu'ils lui avaient tracé. Il s'était montré aveuglément docile, persuadé qu'ils ne voulaient que son bien. Mensonges. Ils n'aspiraient qu'au respect de la société magique, et ils étaient convaincus que le bonheur de leur progéniture passait exactement par les mêmes aspirations. Ce qui était faux, stupide et égoïste.

__« Si tu savais.. » Un souffle. Un soupir. Puis un murmure. « Je ne comprends que trop bien. »

__Il avala une gorgée chaude et sucrée, puis ajouta en observant son amie par dessus sa tasse fumante :

__« Certaines personnes ne sont simplement pas douées pour être parents. D'autres ne mériteraient juste pas de l'être. Je ne peux pas dire que mes parents ne m'ont pas élevé, et je ne peux pas non plus prétendre ne pas les respecter, mais.. Je sais ce que c'est, d'avoir des parents qui paraissent être des étrangers. Tant et si bien qu'on se demande si on est vraiment de leur sang. »

__A l'instar de la jeune femme quelques instants plus tôt, il haussa à son tour les épaules. Ça, comparé à tout le reste, il n'avait pas eu de mal à s'y faire. Ses parents n'avaient jamais vraiment été de vrais parents, avec les sourires, la complicité, les étreintes, et tout le reste. Il avait été enveloppé dans le froid du Square Grimmaurd toute sa vie. N'ayant jamais été habitué à quoi que ce fut d'autre, cette sorte de vie affectif ne le dérangeait pas. C'étaient toujours ces « et si ? » qui se révélaient les plus lancinants, car ils l'enjoignaient à s'inventer un univers, un monde, une vie qu'il aurait aimée avoir mais qui ne serait jamais réelle.

__« C'est grand, l'Allemagne. A moins que tes recherchent ne te mènent jusqu'aux étagères de tes parents, je présume que ton séjour en Allemagne pourrait tout à fait se faire dans la discrétion. »

__Il s'engageait sûrement sur un terrain en pente. Il ne savait même pas pourquoi il avait dit cela, à vrai dire. Peut-être que si, en fait. Peut-être que ses recherches la menaient obligatoirement à consulter des ouvrages que ses parents possédaient. Il ne savait pas. Il ne savait pas grand chose d'elle, en fait. Rien d'intime. C'était, à vrai dire, la première fois qu'elle évoquait sa famille, tout comme c'était la première fois qu'il s'exprimait sur ses propres parents. Il avait l'impression de tâtonner, chercher les limites de ce tabou instauré entre eux. Voir jusqu'où ils étaient prêts à aller, et où ils ne l'étaient pas. Dangereux. Et excitant. Cette sensation partagée de risque était presque palpable, comme suspendue au dessus de leur table, se balançant entre eux au rythme de leurs paroles ou de leurs gestes. Il ne l'avait jamais vue qu'ici, dans cet environnement familier qu'était ce pub qu'il tenait. Était-elle fondamentalement différente au dehors ? Il en doutait. Parfois, il lui arrivait de se demander ce qu'il se passerait s'ils étaient amenés à se croiser à l'extérieur. Hors de cette salle, comme dans un autre temps, à des années lumières de là. Bêtement, il appréhendait un peu. Et il mourait d'envie de savoir à la fois.

__Un sourire vint jouer sur ses lèvres closes. Ce qu'il lisait ? Il ne pouvait pas vraiment le lui dire. Pas toutes ses lectures, du moins. Ça faisait partie des règles. Celles qu'ils n'avaient jamais rédigées, et encore moins signées, mais auxquelles ils se tenaient tous deux malgré tout.

__« Un peu de tout. Je m'instruis, en fait. En ce moment, j'essaie de comprendre comment combiner les Runes avec notre utilisation traditionnelle de la magie, avec une baguette. »

__Et d'autres choses.

__Elle le questionna ensuite sur son avis concernant le changement de rédacteur en chef de la Gazette. Oui, c'était vrai. Et pour cause. Regulus le connaissait vaguement. Suffisamment pour savoir que sa peau était marquée, comme la sienne, comme celle de centaines d'autres. Ne pas y penser.

__« Oui, j'en ai entendu parler. Le rédacteur actuel n'a jamais tenu compte des recommandations du Ministère, tout le monde le sait. Ça ne m'étonnerait donc pas que nos autorités bien pensantes aient décidé de mettre quelqu'un de plus facile à gérer. Ne serait-ce que pour ne pas affoler inutilement la communauté. »

__Ou pour ne pas les affoler du tout, pourquoi pas. Machinalement, il fit tourner sa cuillère dans le liquide chocolaté, puis ajouta d'un ton pensif :

__« Heureusement pour nous, la Gazette du Sorcier n'est pas le seul journal disponible, même s'il est le plus lu. »

__Avertissement ? Remarque anodine ? Il ne le savait pas vraiment.

__Son regard revint se poser sur Heide, alors qu'une idée qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps déjà revenait le titiller. Ses dents se refermèrent un instant sur sa lèvre inférieure, presque nerveusement. C'était risqué. Tellement risqué, et tellement tentant à la fois. D'une part parce que ça leur permettrait de passer plus de temps ensemble, et peut-être de voir leur relation se développer, mais d'autre part parce que c'était prendre le risque de tout perdre pour pas grand chose. Quitte ou double. Inspiration un peu plus profonde que les précédentes. Différentes formulations se mélangeaient dans son crâne, trop nombreuses et trop confuses pour lui.

__« Apprends-moi l'art du duel. »

__Trop abrupt, Reg. Beaucoup trop. Une grimace déforma un instant ses traits fins, puis il reformula, plus posément :

__« Je veux dire.. tu m'as dit une fois que c'était l'une de tes passions, et que tu étais douée. J'aimerais... m'améliorer. »

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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Mer 17 Sep - 23:59

[ potté C'est... c'est... c'est magnifiiique!]

« Si tu savais... Je ne comprends que trop bien. » Elle en resta sans voix. Apprendre quelque chose sur un ami, une chose cachée depuis des années, peut-être même aux yeux de tous, avait déjà un côté palpitant, surprenant. Mais lorsqu'il s'agissait de Regulus... C'était comme un coup de poignard. Salvateur. Glacé, tout en irradiant de douleur. Innatendu. Du rouge coulant un peu. Un voile. .. C'était beau. Plaisant. Mais il lui fallait quelques secondes, minutes même, pour s'en remettre. Une expérience comme tant d'autres, qui la laissait panthoise. Comment faire autrement, après tout? Ce n'était pas n'importe qui, qui partageait sa table... Elle l'écouta donc poursuivre dans un silence religieux et attentif, son regard cherchant celui de son ami, alors qu'il semblait formuler à haute voix ses propres pensées. Combien de fois s'était-elle demandé si, le fait qu'elle ne voit que si peu ses parents, n'étaient pas de son fait? Peut-être qu'ils n'étaient justement pas ses parents, au fond? Un terrible mensonge, mais au moins, elle aurait été fixé. C'était une justification. La justification parfaite, même. Mais non. S'ils avaient agis comme ça, c'était par nature, visiblement. Ou peut-être parce qu'elle n'était pas l'enfant dont ils auraient vraiment voulu, elle n'en savait rien. Toujours est-il que la seule personne qui se soit jamais réellement occupée de son éducation, autrement qu'en l'envoyant dans un pensionnat de renommée, c'était sa grand-mère: Jane. Elle, elle la respectait. Elle, elle l'aimait.

« C'est grand, l'Allemagne. » Vague hochement de la tête. Nostalgique, toujours. « A moins que tes recherches ne te mènent jusqu'aux étagères de tes parents, je présume que ton séjour en Allemagne pourrait tout à fait se faire dans la discrétion. » Oui. C'était immense, même. Mais pas suffisament pour ne pas se casser le nez sur ses géniteurs. Il n'y avait qu'une famille Westerlan encore vivante, en Allemagne, à sa connaissance. Et elle était bien connue. Trop, peut-être. Les rumeurs au sujet de ses représentants allaient de bon train, d'ailleurs...

« Nous sommes connus, là-bas. Ici, mon nom ne veut strictement rien dire. Du moins, pas pour la majorité des gens.. » commença-t-elle d'une voix posée, mais qui recellait une certaine rancoeur. Déception.

Peut-être que pour Dumbledore, son nom signifierait quelque chose de bien précis. Peut-être que lui, il savait...? Mais ce devait bien être le seul.

« Mais en Allemagne, ce n'est pas... pareil. » trancha-t-elle. « Mes parents s'y sont fait un nom, et moi aussi, d'une certaine façon... Ils sauront que je suis là-bas. Et pour faire bonne figure, ils m'inviterons chez eux, à boire le café. Ma mère préparera sans doute un Kougelhopf pour accompagner le tout, parce qu'ils savent que ça me manque. Que l'Allemagne m'a toujours manqué, et me manquera sans doute jusqu'à la fin de mes jours, parce qu'ils m'en ont privé trop longtemps... »

Elle marqua une brève pause, comme pour faire le trie, parmis tous les mots qui s'offraient à elle pour définir son ressentiment. Impossible qu'était cette tâche-là. Une fois de plus... Buvant une nouvelle gorgée de café, elle continuait de fixer Regulus avec calme et intérêt.

« C'est comme une maladie dont on ne guérit pas. Jamais. La solitude. La nostalgie de quelque chose que l'on a pas vraiment connu, tu connais ça, non? Et puis ça devient comme une drogue. On ne s'en passe plus. Et chaque fois que l'on assouvit ces désirs-là, c'est comme un crève-coeur. .. »

Non. Impossible de ne pas se casser le nez sur Monsieur et Madame. Impossible. Mais déjà, ils venaient sur le sujet des lectures de Regulus -ou du moins, celles qu'il avouait. Il essayait de comprendre comment combiner les Runes avec l'utilisation classique d'une baguette. Sujet intéressant, qui tira un large sourire appréciatif à la jeune femme.

« J'espère que tu me feras part de tes trouvailles; c'est une bonne idée. » murmura-t-elle gentiment.

Pour ce qui était de la douce, mais certaine, évinction du rédacteur en chef de la Gazette du Sorcier, il savait déjà. Il semblait même en savoir plus qu'elle sur le sujet. Et elle préférait ne pas savoir pourquoi. « Heureusement pour nous, la Gazette du Sorcier n'est pas le seul journal disponible, même s'il est le plus lu. » Heide ne répondit rien, se contentant d'afficher une mine quelque peu pensive. Nous? Lui et elle ou... Lui et eux? Cette mince frontière entre le tabou, et leur réalité l'effrayait, parfois. Parce qu'elle ne savait jamais précisemment où elle se situait, et parce qu'elle craignait les conséquences qu'elle devrait subir, si par mégarde elle la franchissait.

Puis vint la question. « Apprends-moi l'art du duel. »

« Pardon? »

Surprise. Incompréhension. ... Appréhension. « Je veux dire.. tu m'as dit qu'une fois c'était l'une de tes passions, et que tu étais douée. J'aimerais... m'améliorer. » Elle passa une main sur son visage, comme fatiguée. A bout de forces. C'était dans ces moments-là qu'elle se rendait compte à quel point leur amitié était dangereuse et instable. A quel point elle tenait à lui. A quel point, s'ils se fâchaient, elle ne s'en remettrait pas. Parce que Regulus agissait sur elle comme sa patrie d'origine: elle en était nostalgique.

« D'accord. » répondit-elle au bout d'un moment, relevant son regard humide vers le jeune homme. « Mais promets-moi de ne pas jeter ma confiance à la poubelle comme un vulgaire déchet.. Tu es une des trois personnes à qui je l'ai jamais vraiment accordée et.. » Elle hésita un instant. « Je ne m'en relèverais pas. »
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Sam 20 Sep - 22:08

[Ah mais.. ce que je peux aimer ce RP ! >< Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à jouer avec quelqu'un. ^^ Merci :z28: ]

__« Nous sommes connus, là-bas. »

__À nouveau, une révélation. Et à nouveau, un flot de questions qui manquait de le faire suffoquer de l'intérieur, péniblement réprimé, glacial et tumultueux. Confus. La famille Westerlan était connue. Comme l'était la famille Black ? Une fois de plus, cette impression à la fois rassurante et effrayante de partager un certain nombre de points communs avec Heide. Sans jamais vraiment savoir où les similitudes commençaient et s'arrêtaient, ni même si c'était une bonne ou une mauvaise chose. A chaque fois, il se sentait juste encore un peu plus proche d'elle, même si c'était dangereux, même si ça paraissait surréaliste. Elle le fascinait, elle l’attirait, irrémédiablement. Malgré tous les risques dont il avait conscience, et qu’il n’entrevoyait que trop clairement dans ces moments de lucidités qui lui venaient, parfois, entre deux de leurs rencontres, il ne pouvait pas se détacher d’elle. La simple idée d’essayer était inconcevable. La perspective d’y être un jour obligé était simplement terrifiante. C’était impossible. Ne plus entendre sa voix, ne plus l’écouter lui parler, ne plus lire dans ses yeux clairs les mêmes interrogations qui le hantaient depuis des semaines. Même s’il ne s’en rendait pas compte, pas encore, il avait besoin d’elle. Elle le rendait humain. Ou plutôt, elle l’aidait à le redevenir. Elle n’en avait sûrement pas conscience. Lui-même ne l’avait pas encore réalisé. Elle lui faisait découvrir des choses, mais elle lui en faisait redécouvrir bien plus encore, sur lui-même, sur cette facette de lui qu’il avait négligée, remodelée, puis oubliée.

__« La nostalgie de quelque chose que l'on n’a pas vraiment connu, tu connais ça, non ? »

__Hochement de tête, presque timide, alors qu’il la contemplait avec une intensité peu commune. Comme s’il avait cherché à la percevoir, cette aura de nostalgie qui paraissait émaner d’elle, de cette silhouette gracieuse installée en face de lui, et qui cherchait à s’insinuer jusqu’à son cœur. Chaude et froide à la fois. Doucereusement tiède et familière. C’était tellement vrai. Tellement elle. Et tellement lui à la fois. Elle exprimait avec des mots ce dont il n’avait jamais vraiment eu conscience. Ces choses qu’il n’avait jamais réussi à pointer du doigt, elle les lui montrait, les mettait à sa porter, les lui faisait découvrir, dans cette intimité étrange et irréelle que créaient les voiles parfumés qui s’élevaient de leurs tasses, et le silence de la salle. Les bruits de l’extérieur paraissaient étouffés. Comme dans du coton.

__La nostalgie d’une vie normale. Une vie qu’il s’était imaginé, qu’il aurait aimé posséder pleinement, seul maître de lui-même, de ses pensées et de ses actes. Une vie dans laquelle Sirius aurait encore eu sa place, où il n’aurait pas eu ce stupide tatouage au bras ni ces meurtrissures à l’âme, et où Heide et lui n’auraient pas eu à craindre de tout voir s’écrouler comme un château de cartes. Oui, une vie comme ça, il en était nostalgique. Il l’effleurait du bout des doigts lorsqu’il parlait avec elle. Alors, il oubliait. Ce qu’il se passait au dehors n’avait plus d’importance. Ce qu’il avait fait ne le hantait plus. Et ce qu’il adviendrait de lui le lendemain ne l’effrayait plus non plus. Mais dans une vie comme ça… leur amitié aurait-elle pu exister ? Leur relation n’existait-elle pas à cause, ou plutôt grâce à des circonstances, des évènements, des temps qui les avaient poussés l’un vers l’autre ? C’était tellement compliqué, et tellement simple à la fois. Ils étaient là. Elle était là. Et il n’aurait pas voulu qu’il en soit autrement.

__A nouveau, un hochement de tête concernant ses éventuelles trouvailles qu’il devrait partager avec elle.

__« Naturellement. Tu finiras peut-être même par écrire un livre là-dessus, qui sait ? »

__Lueur amusée dans les prunelles. Malice, presque.

__Et puis une demande. Une supplique, presque. « Je ne m’en relèverais pas. » Lui non plus. Si elle partait, si elle le laissait, il ne le supporterait pas. Mais plus encore, s’il la blessait, s’il la perdait à cause de ses propres erreurs, de sa négligence ou de son inconscience, il en deviendrait fou. De rage, et de désespoir. Les yeux du jeune homme se baissèrent un instant vers sa tasse, pour dissimuler le trouble qui, il le savait, était nettement perceptible dans ses iris ombrageuses. Puis il les releva vers la jeune femme, ancrant son regard dans le sien. Le cœur battant à une allure folle dans sa poitrine. Terreur profonde. Enfantine. Celle de dire ou de faire quelque chose de tellement maladroit qu’elle ne le comprendrait pas et prendrait peur. Se méprendrait sur ses intentions. Cet éclat humide dans les yeux de la jeune femme ne l’aidait pas. Ça aussi, c’était nouveau. Trop de choses qui se passaient entre eux sans qu’il n’y ait besoin de mots. Lentement, il approcha sa main du visage de son amie. Du bout des doigts, il effleura sa joue, comme pour effacer des larmes qui ne coulaient pas. Comme s’il découvrait son visage pour la première fois, vraiment.

__Un souffle presque inaudible.

__« Tu es mon amie. » Légère pause. Maladresse touchante, toujours. « La première. »

__Caresse légère sur sa joue. Puis sa main s’en détacha et revint se poser sur sa tasse brûlante.

__« Je ne supporterais pas de te faire du mal. De.. te voir souffrir par ma faute. »

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Heide J. Westerlan
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Sam 11 Oct - 23:13

Ce fut au contact de sa joue avec la main de Regulus qu'Heide sut qu'elle pleurerait. Aujourd'hui comme demain, ou tout simplement dans le futur. Une certitude bouleversante et magnifique à la fois. En bien ou en mal, ça, elle n'en savait rien. Seulement que, pour lui, elle aurait toujours une larme à offrir. Il savait l'émouvoir. Sa gestuelle était parfaite à ses yeux, tout comme lui-même. Car ses défauts ne le rendait pas bestial. Au contraire, cela le ramenait vers l'humanité, cachée quelque part au fond de lui-même. Peut-être plus près de lui qu'il ne l'imaginait, même. Sa main était douce, sur sa joue, la caressant comme pour la réconforter. Heide ferma les yeux un bref instant, se demandant comment elle pourrait jamais supporter une quelconque rupture avec lui. Il était tout. Simplement tout, pour elle. Frère, Ami, Confident, Amant, Protégé et Protecteur. Tout. Cher à son coeur comme les mots qu'elle maniait et qu'elle écrivait, à chaque fois, un peu pour lui. Il était cette teinte merveilleuse qui liait ce que le commun nommait « Bien » et « Mal ». Celui qui la liait avec la réalité. Celui qui la réconciliait avec les autres. La vie. Les relations humaines. .. Elle n'en avait sans doute pas de plus belle. Du moins, pas de meilleure, à ses yeux.

« Tu es mon amie. La première. » souffla-t-il d'un air timoré. Ce fut ces mots. Ces mots si beaux. Touchants. Torturants, qui lui firent verser ces larmes qu'elle n'offrait que rarement. Bien sûr, Heide pouvait être touchée par n'importe quoi. D'une phrase de Dostoïevsky, sans doute le seul auteur moldu qu'elle ait jamais vraiment lu -apprécié à ce point, en tout cas, au morceau de guitare joué au coin d'une rue, et qui réussissait à faire vibrer jusqu'au silence. Sa main se détâcha de son visage, revenant se poser sur la tasse de chocolat chaud brûlant. Les yeux embués, l'Allemande observait les volutes de fumées, leurs circonvolutions dansant dans son esprit.. « Je ne supporterais pas de te faire du mal. De... De te voir souffrir par ma faute. » La gorge nouée et les mains tremblantes, elle se mit à nue devant lui. Enlevant ses gants, l'un après l'autre avec une précaution touchante, elle pris les mains de Regulus dans les siennes, dévoilant au grand jour les marques de ses poignets. Des marques étranges. Des brûlures. Des souvenirs imposés. Gardés secrets. Partagés, aujourd'hui.

« Regulus, je.. Tu.. »

Inspiration plus forte que les autres, difficile. Souffreteuse et pourtant remplie d'espoir.

« Tu es la seule personne qui réussise à me faire oublier ces marques, ce passé. Avec toi, je vis dans le présent, et entrevois même la notion d'avenir. Tu m'ancres dans la réalité, tu m'entremêle aux rêves et aux fantasmes. Tu es tout. Pour moi tu es tout, Reg'. Et je te le promets, je ne souffrirai pas. Pas de ton fait, je te le jure. »

Mince sourire. Doux. Extrêmement doux. Se rendait-il seulement compte de l'importance qu'il avait à ses yeux? ..

« Chaque fois qu'on se quitte, j'ai peur pour toi, peur de ne plus pouvoir te revoir. Nos discussions sont les plus belles, toujours. J'angoisse à l'idée de ce qu'il pourrait t'arriver, et si je ne te disais pas tout ce que je devais te dire. Il ne se passe pas un jour sans qu'un souvenir ne soit lié à toi, Regulus, parce que ma vie n'a sans doute pas de sens si tu n'es pas là pour lui en donner un. J'ai.. J'ai besoin de toi. Juste que tu sois là. Toujours. Weil du alles für mich bist. Alles, vom Anfang. Bis Ende. »

Jusqu'à la fin, oui, il serait tout. Peu importait ce qu'il se passerait. Peu importait leurs blessures respectives, il lui apparaissait soudain que ce lien était trop fort pour être brisé. Et que si, par malheur, il devrait l'être, elle serait entraînée dans cette chute, elle aussi. Irrémédiablement. Tragique et mortelle. Magistrale et horrifiante.

[Désolée du temps de réponse, mais j'avais un peu de peine à réécrire le poste disparut >< ... Celui-là m'a l'air un peu boaf, mais bon, j'espère que ça t'ira quand même Wink]
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Dim 12 Oct - 20:03

[Tu plaisantes, ce post est superbe ! >< Et pas de soucis pour le temps, je ne crois pas que j'aurais eu le temps de répondre avant. Wink]


Découvrez Jonas Brothers!


__Perles de nacre qui roulèrent sur les joues de la jeune femme. Au fond de sa poitrine, son cœur manqua un battement. Comme si le temps s’était arrêté autour d’eux. L’idée d’être à l’origine de ces larmes était à la fois terriblement belle et profondément bouleversante. Il ne voulait pas qu’elle pleure à cause de lui. Qu’elle pleure pour lui. C’était trop. Trop de sentiments qui s’entremêlaient, se repoussaient avec violence à l’intérieur même de son corps. C’était comme… comme plonger sa main dans l’eau bouillante, ça paraissait tout d’abord glacé, puis d’une chaleur insupportable. Et ça laissait des marques, parfois irréversibles. Et tout ça, cet instant, ces sentiments qui faisaient rage en lui, la vision de ces larmes sur le visage de son amie, il n’oublierait rien de tout ça. Jamais. C’était bien trop puissant pour ne pas le marquer, et il eut l’impression de sentir cette scène se graver en lui. Des milliers de picotements, sur son échine, sur sa nuque, sous sa peau. Et sur ses yeux. Ça le brûlait presque, et il les ferma un instant. Pourtant, quelques gouttes mêlées d’espoir et de peur s’échappèrent d’entre ses cils, et lorsqu’il les rouvrit, il cligna plusieurs fois des yeux. Pourquoi sa vue était-elle si trouble ? Il ne fallait pas qu’elle pleure. Ça avait bien trop de répercussions sur lui. En lui.

__« Regulus, je.. Tu.. »

__Les yeux baissés, comme pour dissimuler ce trouble qui semblait pourtant irradier de tout son être tant il lui enserrait le cœur, il effleura du bout du pouce ces cicatrices laissées sur sa peau pâle. Quelque part, et même si cette pensée paraissait horrifiante, il n’aurait pas voulu effacer ces marques. Même s’il l’avait pu. Parce qu’elles faisaient partie d’elle, de son passé, de cette vie qu’était la sienne et dont il voulait faire partie. Il la trouvait belle, infiniment belle, avec ces discrets sillons humides sur les joues, ses yeux brillant plus que d’ordinaire même dans l’obscurité de la salle, et ses gants posés à côté d’elle. Ces sentiments qui l’étouffaient, à la fois étrangers et salvateurs, il aurait voulu les ressentir toujours. A chaque seconde. Pour ne jamais oublier qu’elle était là, qu’elle s’était imposée dans sa vie et qu’il…

__« Je te le promets, je ne souffrirai pas. Pas de ton fait, je te le jure. »

__Les souvenirs liés à ces brûlures, il aurait voulu les adoucir comme il avait effacé ses larmes, avec cette tendresse presque irréelle qu’il se découvrait quand il était avec elle. C’est ce qu’il fit, à sa manière, en portant les mains d’Heide à ses lèvres. Doucement, il déposa un baiser au creux de son poignet, comme pour exprimer de façon concrète ces sentiments sur lesquels il ne pouvait mettre de mots. Parce qu’aucun mot n’aurait pu contenir tout ça, et essayer de poser des mots sur cette réalité aurait été comme l’entacher. C’était impossible. Et cette promesse qu’elle venait de lui faire, de tout son cœur, il aurait voulu y croire. Non. Il y croyait, et repoussait de toutes ses forces cette partie de lui qui savait qu’un jour, tôt ou tard, elle aurait la preuve de ce qu’il était. Un instant, il eut mal. Mal de voir qu’elle lui faisait une promesse qu’elle ne pourrait peut-être pas tenir à cause de lui. A cause de ce qu’il était.

__« Je ne… »

__Inspiration. Comme un écho à celle de son amie, à peine plus tôt.

__« Je ne peux plus continuer sans toi. C’est dur de mettre des mots sur tout ce que j’éprouve, parce que je n’ai jamais été doué pour ça, mais… Le matin, quand je me réveille, je me demande si tu vas venir ici, et toute la journée je guette ton arrivée. Et quand tu repars, quand la porte se referme, j’ai peur que ce soit la dernière fois. Toujours. J’ai peur que quelqu’un, quelque chose te fasse penser que ça n’en vaut pas la peine, que je n’en vaux pas la peine, et ne plus jamais te voir passer cette porte. »

__Légère pause. A présent, les mots semblaient déborder, comme un flot indomptable. Comme un barrage qui aurait cédé. Ces mots, il avait essayé de les trouver mille fois dans la solitude obscure de la nuit, leur donner un sens, leur donner une apparence qui ne l’effraierait pas si un jour il trouvait le courage de les lui dire. Là, il avait l’impression que tout était confus, mais il avait également la certitude qu’elle le comprenait. Parce qu’elle était la seule. La seule à le pouvoir. La seule à le vouloir, aussi. Peut-être.

__« Ne plus te voir traverser cette salle pour t’installer à cette table, ne plus t’apporter ce café que je te fais, ne plus m’installer en face de toi pour te parler et t’écouter parler… Ne plus sentir ces moments se graver en moi, comme ça, et ne plus sentir ta présence encore tout autour de moi pendant ces minutes qui suivent ton départ… Je ne pourrais pas. Je ne le supporterais pas si ça m’était arraché. »

__Tout ça… il aurait pu le résumer en peu de mots. Il l’aimait, c’était aussi simple que cela. Parce qu’elle était, ainsi qu’elle l’avait dit de lui, tout. Tout. Elle était celle à qui il s’ouvrait, celle qui le changeait, celle dont il avait besoin, celle qu’il voulait protéger. Elle était celle vers qui ses pensées déviaient lorsque le silence l’oppressait, celle dont la mention arquait ses lèvres d’un sourire étonnamment doux. Il n’avait pas la sensation d’être dépendant d’elle, car cela aurait impliqué qu’elle avait sur lui une emprise qu’il n’aurait pas forcément désirée. Non. Ce qu’il avait à offrir, ce qu’il y avait de bien en lui, il le lui donnait, et elle était libre d’en faire ce qu’elle voulait. Lui était sûr qu’elle ne le blesserait pas. Jamais.

__A nouveau, ses lèvres se déposèrent sur la peau pâle de ses mains.

__« Un jour… quand nous serons tous les deux prêts, tu me raconteras ? »

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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Ven 17 Oct - 23:14

Elle l'écouta sans mot dire. La simple idée de le couper, à un instant pareil, lui était intolérable. Et puis même si elle l'aurait voulu, elle n'en aurait tout simplement pas été capable. C'était trop d'émotion pour qu'elle arrive à articuler le moindre mot, à souffler, même. Il ne pouvait plus continuer sans elle, et c'était réciproque. Ce lien si fort, elle le trouvait beau. Elle écrivait même dessus, noircissait pages et pages jour après jour. Et elle avait peur. Peur de ce plus, qu'elle ressentait au fond d'elle-même, sans vraiment s'en rendre compte. Peur de cette amitié qui, peut-être, était en train de changer. Peur de ce que ça occasionerait. De le perdre. De se perdre. De tout perdre.
« Un jour... quand nous serons tous les deux prêts, tu me raconteras? » Elle acquiessa timidement, son regard flamboyant soudain, figé sur ses marques. Lui serait-il jamais possible de passer au-dessus? D'oublier? Non. Elle en doutait fort. Ce souvenir-là était trop coriace, l'alcool, les occupations, la nuit elle-même ne pouvait en venir à bout. Pire, lorsqu'il n'y avait plus trace de lumière dans le ciel, et que l'Allemande allait dormir, il n'en était que plus vivace. Comme si le fait d'en garder des marques n'était pas asset dur comme chatiment, il lui fallait encore supporter de le revivre, parfois, certains soirs. Et cette impression d'être une poupée, un jouet guidée par un marionettiste lui apparaissait comme des plus détestables. Elle ne supportait pas d'être comme les nuages qui traversaient silencieusement le ciel: poussés dans le dos.

« J'ai peur de te perdre Regulus. Si peur.. ça me déchire. »

Elle leva les yeux vers lui, d'un air sérieux et ému. Aux relants supplicateurs, ce qui ne lui était pas coûtumier.

« Promets-moi qu'un jour, nous pourrons être tranquilles, enfin. Le risque est grisant, mais m'angoisse. Parce que je sens bien au fond de moi que les choses.. changent. Et te perdre me serais insurmontable. »

Elle serra ses mains dans les siennes, glacées. Elle n'avait pas l'habitude de ce contact. Cela faisait des années, des lustres, que..

« Un jour, je te raconterai tout, Reg'. Tu sauras tout. Tu seras qui je suis vraiment. Quel prix une vie peut coûter. Une existence, des souvenirs et.. tu connaîtras mes fantômes. Ceux qui me hantent, la nuit comme le jour. Et enfin, Regulus, je te prouverai que tu es une personne magnifique, que tu irradie. Encore plus dans le noir. Que tu es beau, Reg'. Dedans comme dehors. Que te connaître est une chance, parce que je ne suis pas si blanche que ça. Personne ne l'est. Personne, tu entends? Même les gens irréprochables ont des secrets. Pas des plus terribles, peut-être, mais des secrets quand même. Et les tiens sont superbes. Ils te forment comme ils peuvent te détruire, et nous le savons tous les deux. Mais dans ce risque, il y a de l'espoir. C'est toi qui me l'apporte, cet espoir Reg', ne l'oublie pas. C'est toi et seulement toi qui peut me faire vivre l'avenir et le présent. ... » Elle ferma les yeux un bref instant, comme pour mieux canaliser sa dernière phrase: « Alors ne m'enferme pas dans le passé. Jamais. »

Elle voulait le sauver. Elle voulait le voir s'accomplir, vivre, être heureux. Complétement. Elle voulait l'absolu. Depuis sa plus tendre enfance. Toujours et à jamais. Parce que c'était ce qu'il y avait de plus dangereux et de plus magnifique dans leur monde.
[C'est cooouuurt! ._. Quelle horreur!]
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MessageSujet: Re: Two friends. One table. *Regulus   Mer 22 Oct - 16:34

[Et moi j'ai honte... C'est mièèèvre ! T.T]

« Promets-moi qu'un jour, nous pourrons être tranquilles, enfin. »

Le son de sa voix à cet instant précis, et cette supplique silencieuse qu’il pouvait voir dans ses yeux lui donnèrent l’impression de sentir quelque chose se briser en lui. Quoi exactement, il aurait bien été incapable de le dire. Ses certitudes déjà ébranlées. Son espoir. Sa foi en leur relation. Comme du verre brisé. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, la serrer contre son cœur et lui murmurer à l’oreille que tout irait bien. Que rien ne viendrait les séparer et qu’un jour, tout ceci serait terminé. Qu’un jour, ils n’auraient plus ce danger constant au dessus de leurs têtes, ni cette crainte latente de voir l’autre pour la dernière fois. Il aurait voulu lui dire tout ça. La rassurer. Lui transmettre un peu de sa force. L’envelopper de sa chaleur.

Mais il ne pouvait pas. Cette force, il n’était pas sûr de la posséder. Et il avait froid, infiniment froid. Il ne voulait pas lui faire miroiter un futur qui n’adviendrait peut-être jamais. Il ne pouvait pas lui assurer des choses dont il n’était lui-même pas certain. Il ne voulait pas lui faire de promesse qu’il ne serait pas en mesure de tenir, parce qu’elle finirait irrémédiablement par être déçue. Tomber de haut. Et lui, poignardé par des regrets lancinants qui ne le quitteraient jamais. Être tranquille, oui, lui aussi le désirait. Son être tout entier y aspirait, usé par les combats qu’il devait mener sur plusieurs fronts. Mais lui mentir, en lui faisant croire que tout s’arrangerait, parce que tout finissait toujours par s’arranger, et voir ensuite le ressentiment dans ses yeux si elle réalisait un jour qu’il s’était trompé, non, il ne pourrait pas le supporter.

« Heide… »

Un souffle qui mourut bien vite, étranglé. Douloureusement étouffé par ce nœud qui lui enserrait la gorge. Sa voix n’était plus qu’un souffle haché d’inspirations irrégulières. Pénibles.

« Je ne… je ne peux pas te promettre ça. Je ne peux pas te mentir. Non, je ne veux pas te mentir. »

L’une de ses mains se détacha de celles de son amie, pour venir se passer sur ses yeux. La vue brouillée par des larmes qui refusaient obstinément de couler, seulement d’altérer sa vue, il n’avait plus que d’elle une image floue et incertaine. Et pourtant, toujours présente. Tout devenait soudainement plus pénible. Plus lourd sur ses épaules. Écrasant. Le pire était de se montrer ainsi. Incertain, émotif. Faible.

« Je refuse de… » Merlin, pourquoi sa voix s’évertuait-elle à sonner si éraillée ? « De te donner une image de moi qui est fausse. De te faire croire qu’un jour, tout sera différent, et mieux, parce que je n’en sais rien. Je suis désolé… Je voudrais te dire que tout ira bien, mais je… je sais que tu ne me croirais pas. Moi-même, je n’y croirais pas. »

Ça devenait trop clair. Trop limpide. Les limites qu’ils s’étaient imposées ces dernières semaines s’effaçaient dangereusement. L’état d’esprit dans lequel il se trouvait n’y arrangeait rien et annihilait sa prudence. Cette prudence qu’il s’était efforcé de respecter par crainte qu’elle ne prenne réellement conscience de ce qu’il était. Il en était sûr, elle savait. Pourtant, il ne voulait pas le lui confirmer, par ses mots ou ses gestes.

Il réalisa qu’il tremblait. Ses mains, ses épaules, son corps entier était secoué de légers tremblements qu’il ne parvenait pas à contrôler. Les émotions trop fortes lui faisaient toujours cet effet là. Son corps finissait par exprimer d’une manière ou d’une autre ce dont il ne se libérait pas. Jusqu’ici, ça avait toujours été le dégoût qui agissait ainsi sur lui. Aujourd’hui, c’était plus. La peur de la perdre, la colère contre lui-même de se montrer aussi peu maître de lui, la crainte de la décevoir. Et cette incertitude permanente, de ne pas savoir comment agir, de mal s’exprimer, de… la voir partir.

Raclement de chaise. Il se leva, incapable de rester plus longtemps ainsi. Un instant, il serra les poings, comme pour essayer de maîtriser les tremblements de ses épaules. Les deux ou trois clients présents tournèrent la tête vers le bruit, mais reprirent bien vite leurs occupations sans plus s’inquiéter d’eux. Et puis, il s’en moquait. Il s’en rendit à peine compte. C’était trop. Trop fort, trop puissant, et ça le déconnectait complètement de la réalité. Il fit quelques pas, le temps de contourner la table, puis vint s’accroupir juste à côté de la jeune femme. Levant les yeux vers elle, il tendit une main vers son visage. A nouveau, ses doigts effleurèrent sa joue. Un contact qui leur était nouveau, à tous les deux, et qu’il avait simplement envie de réitérer. Encore. Et un souffle, qu’elle seule pouvait entendre.

« Je te l’ai dit, je ne supporterais pas de te voir souffrir par ma faute. A cause de moi. Je… Je ne peux pas te promettre qu’un jour nous serons tranquilles, et que tout sera plus simple. Mais je peux te promettre de ne jamais rien faire qui serait susceptible de te blesser, d’une manière ou d’une autre. »

Ses doigts quittèrent sa joue pour glisser dans ses mèches blondes.

« Et je te promets d’être là. Aussi longtemps que tu voudras de moi, je serai là. Que tu en aies conscience ou pas. »

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